Après la Vanoise, c’est le repos. Je n’ai plus vraiment l’envie de raccrocher un dossard. Je ne cours pas de la semaine jusqu’au run du jeudi avec Terre de Running où Vincent nous concocte une belle petite séance de côtes. Je la fais sans trop forcer mais sans abandonner non plus ! Puis le samedi, on décide d’aller camper du coté d’Ovronnaz pour tenter la balade à la Dent de Morcles décrite sur mon bouquin de trail. Par manque de temps (on s’est levé à 7h30 en tente et on devait être de retour à Thonon à 14h maxi pour un barbeuk au bord du lac), on est obligé de couper de moitié le tour prévu. N’empêche qu’on monte quand même au col et à la cabane de Fenestral, avec sa jolie vue sur le lac supérieur de Fully et le massif alpin loin devant. Ca nous fait quand même un joli tour d’environ 18km, 1800m+ en 3h. Back to Thonon pour siester au bord du lac toute l’aprèm avec les amis de Brice.

Montée au col de Fenestral

cabane de Fenestral et lac de Fully

... et Jean qui pleure Jean qui rit ...

les mélèzes valaisans dans la pampa valaisane

on remonte à l'alpage

lien Garmin : https://connect.garmin.com/modern/activity/3844341047 

Le week-end d’après, je suis en mode pompom-girl. Brice et Eddy, alias Tic&Tac participent à l’Ultra Tour du Beaufortain, et Pauline et Flo le font également en relai. On est tout une bande de potes TDR à les accompagner, donc ça s’annonce sympa, d’autant plus que la météo est clémente. On part donc le vendredi en fin de journée pour arriver à Queige, un patelin paumé dans la vallée entre Albertville et Chamonix. On retrouve toute la troupe, on retire son dossard et on pose Beber dans le champs avant de se faire un petit run de mise en jambe pour Brice et de test pour moi : lors du run du jeudi, j’ai eu une vive douleur au genou lors des dernières foulées de la séance de 30”/30”, ça passe un peu mais ça fait quand même peur. Le réveil de Brice sonne à 2h45, je n’y fais pas attention, mais je suis réveillée par tous les phares et bruits autour. J’émerge de Beber à 3h45, juste le temps de faire un bisou à Brice et d’assister au départ : un tour du petit lac et ils sont partis pour une belle et grande balade. J’essaie de me rendormir ensuite, mais il y a du bruit et je tergiverse : “c’est quoi le mieux, dormir un peu là ou assister au lever du jour près du premier point de passage…” A 4h45 je décide donc de monter au barrage de St Guérin et de resomnoler un peu jusqu’à 6h puis je rejoins la passerelle et m’installe pour déjeuner et regarder les premiers coureurs arriver, au bout de 27km. Les copains TDR me rejoignent et Pauline arrive avant les mecs, elle semble encore bien, c’est cool, puis Tic&Tac arrivent, tout frais, ils en profitent pour discuter un peu avec nous avant de repartir.

lac de Saint-Guérin

Nous on se dirige également vers la prochaine étape, le col de Roselend, au 47ème kilomètre. Sur la route, on s’arrête dans un petit chalet pour se boire un petit café (ou chocolat chaud) avec une superbe vue sur le lac de Roselend et la fameuse Pierra Menta. Puis on rallie le col de Roselend. Les premiers coureurs viennent de passer, on a le temps. On s’équipe et on décide de monter à leur rencontre. Les mecs arrivent avant Popo, elle a un peu craqué et a eu un passage à vide pendant une dizaine de kilomètres. Je les suis jusqu’au col et attends Brice au ravito pour lui donner le sandwich qu’il m’a commandé : pain sportif, comté 18 mois et jambon du papy. Ils semblent un peu plus fatigués mais ils ont encore la pêche. Ca tombe bien, ils n’ont pas encore fait la moitié du parcours ! Après une bonne pause, ils repartent. 

en mode pompom-girl sur l'UTB Tic & Tac se rafraichissent

Tic & Tac dans le Beaufortain

Flo champion au taquet ! les groupies

Après avoir acheter 2-3 saucissons, on décide de les retrouver au chalet de la Giettaz, 63km. On se dépêche pour y aller, on prend de quoi pique-niquer et au final, on attend assez longtemps avant qu’ils arrivent. Flo, qui a pris le relai de Popo à Roselend arrive comme un dératé, à fond les ballons pour essayer de grater le max de places sur les équipes relai. Puis Tic&Tac arrivent, un peu plus marqués, mais ils rigolent encore. Ils s’assoient par terre et on les assiste, un peu de saucisson, de cacahuètes, une compote. Ils reprennent des forces avant de repartir à l’assaut du col de la Giettaz. Et nous on repart rapidement pour ne pas rater le passage de Flo à Hauteluce. Je vous le dis, faire les pompom-girls, c’est fatiguant ! Flo passe peu de temps après qu’on arrive, un peu moins frais mais tout autant au taquet. On se divise ensuite, certains montent aux Saisies, d’autres vont faire le plein, et moi je décide d’aller à la rencontre des mecs, en marchant. Je fais donc 4-5km à la rencontre des coureurs, je les encourage, leur dit que le ravito est bientôt là. Il y a de tout, des gens frais, d’autres à bout. Au bout d’une heure, je trouve nos deux compères, encore moins frais, mais bien décidés à en découdre. On trotte ensemble jusqu’à Hauteluce, 87km, Brice m’avoue qu’il pensait pas que ça serait aussi dur (Bah tu y penseras la prochaines fois que tu t’inscriras sur un ultra). Eddy a l’air un peu faiblard aussi. Ils se posent au ravito, mais pas trop longtemps, de peur de ne pas pouvoir redécoller. Je les abandonne et décide de les attendre à l’arrivée. J’arrive pile pour l’arrivée de Popo et Flo, 5ème relais mixte, tant pis pour le panier garni mais quand même un grand bravo à vous deux ! Je décide d’aller prendre une douche, on mange un bout tous ensemble, et je me retrouve en solo à attendre l’arrivée des mecs. Je commence à m’ennuyer, j’écris, me bois une tisane, regarde le petit feu d’artifice à 22h30, et check le suivi live pour voir leur avancée. C’est long, je fatigue, mais ça doit être encore pire pour eux. Les copains reviennent vers 23h. et finalement, notre duo Tic&Tac arrive à 23h30 après 19h30 de course et 108km. Eddy a eu un petit coup de moins bien et a vomi la soupe, mais il a remit le turbo dans la descente. Bravo à ces deux bourriques, je suis fière de vous !

Tic & Tac après 108km et 19h30 de course

Et c’est reparti pour une semaine… Normalement je ne devais pas me réinscrire sur une course avant août, mais… (oui il y a toujours un "mais") ...mais Papa et Maman s’étaient inscrits sur la liste d’attente du Trail du tour des Fiz (qui est complet toujours 5-6 mois à l’avance) et ils ont été repêchés. Et à la base, Brice aussi devait y participer. Donc je m’étais inscrite sur liste d’attente, mais étant 160ème sur cette liste je me disais que je n’aurai jamais une place. Mais beaucoup de gens ont du se désister, parce que, 10 jours avant le trail, je reçois un mail de Skima : “C’est votre tour !”. Bon qu’est-ce que je fais ? Parait qu’il est vraiment beau ce trail et je suis déja allé faire le tour des Fiz, mais il avait plu comme vache qui pisse… Donc après quelques secondes de réflexion, je décide de m’inscrire. De toute façon, je comptais aller là-bas pour dormir au lac d’Anterne et regarder les coureurs, avec Nata. Et Nata m’a abandonné pour le brunch d’une de ces copines. Et je me sens assez en forme alors allons-y gaiement.

famille Götz au taquet

Cap ou pas cap ?

Par contre, je regarde la météo et le beau temps se décline doucement en temps pourri pour le week-end, principalement le dimanche. C’est un peu la loose s’il pleut, mais bon, on va pas se plaindre, on a la chance de pouvoir courir. Tant pis pour les beaux paysages, ça sera une raison de moins s’arrêter pour prendre des photos (tu parles) et d’essayer d’aller le plus vite possible pour avoir le moins de pluie possible. La semaine passe sans encombre et les parents débarquent le vendredi soir. On discute, on apprend que mon oncle, le Martial nous invite à manger chez lui demain midi avec un beau gratin de Götz. Par contre avec tout ça, bah le week-end va passer super vite et j’aurai pas trop le temps de me poser. Vous allez me dire, comme d’hab quoi…
Samedi, on se lève à 6h15 avec Papa, Quoi c’est trop tôt pour un week-end ? Maman prétend que oui ! Mais au moins on a le temps de faire 2-3 trucs avant de partir en direction de Cernex et aller papoter avec la family et manger les bons plats portugais que la copine de Martial nous a concocté. J’abuse même un peu des pasteis de nata et du fameux pudding Molotov, tellement léger et tellement bon !
On décolle à 16h30 en direction de Passy pour avoir le temps de retirer les dossards au Mountain Store, de croiser tous les amis, de discuter rapidement et de monter à Plaine Joux pour poser le camp, préparer les affaires pour demain, aller voir la vue sur la vallée qui se voile de nuages et manger des pates à la sardine. Je prends mes quartiers dans “l’espace toit” du van et bouquine un peu avant de m’endormir sereinement avec la bande sonore "pluie" pour me mettre en condition pour demain.

Dans Dédé la limousine carte grandeur nature à Passy Mountain Store 

On se lève le lendemain matin vers 6h10, Papa et Maman s’embrouillent pour la préparation du petit déjeuner : j’explique, dans le van, l’espace cuisine est à gauche. Donc celui qui est près de la cuisine doit tout faire et l’autre attendre. Mais quand t’es avec les deux zigottos là, ça se passe toujours mal car celui qui attend critique la façon de faire de celui qui fait… Bref, vous imaginez la scène quoi... On déjeune, on se prépare et le temps est vraiment au gris, la pluie s’invite au fil des minutes qui s’écoulent. Coté tenu, short, tee-shirt, agrémenté de petites manchettes pour se réchauffer avant le départ et mon beau kway très rentabilisé et très imperméable Dynafit. On est un peu speed, le temps de mettre de l’eau dans le camel, de faire une petite pause pipi et il faut rentrer dans le sas. J’abandonne donc papa et maman en vitesse sans avoir trop le temps de leur souhaiter une bonne course et je me place dans le peloton, ni trop devant, ni trop derrière. Je retrouve aussi Antho et Christelle et on papote quelques minutes avant que le départ soit donné. J’ai oublié de vous faire un petit description du parcours : 32km, 2000m+ composé de deux principales montées. Un début qui descend sur les 2km, puis la première montée du 3 au 7ème km, suivi d’une descente jusqu'au 15ème, d’une nouvelle montée un peu en escalier avec trois marches jusqu'au 23ème et ça finit par une belle descente de quasi 10km avec beaucoup de piste car le terrain prévu à l’origine est trop accidenté. La stratégie étant de ne pas se cramer dans la 1ère montée pour en avoir sous le coude lors de la deuxième et bazarder dans la dernière descente. Pour 30km et sachant que c’est assez technique, je n’ai pas pris les batons, en me disant qu’ils m’encombreraient dans les descentes et j’étais assez contente de ma décision.

Ambiance brumeuse départ sous la pluie

C’est parti, le terrain est déja un peu boueux sur les premiers kilomètres, ça annonce la couleur. Je pars relativement vite pour ne pas être ensuite bloquée dans la première ascension que j’attaque sans forcer, ça monte bien et en fait le parcours est quasiment le même que lors de mon tour des Fiz avec Ben, je me souviens donc vaguement du parcours. Belle montée jusqu’aux chalets de Platé, un petit replat puis une nouvelle belle montée jusqu’au col de la Portelette. La pluie nous accompagne toujours et le vent se met à souffler à partir de Platé, je renfile mon kway que j’avais enlevé dans la montée, il ne fait vraiment pas chaud. J'atteins le col au bout d'1h40 de course, 7.5km et déja plus de 1000m de D+.

ça monte jusqu'à Platé Montée au col de la Portelette

Chalet de Platé - 6km Chalet de Platé

Changement de terrain, on attaque la descente qui est assez pentue et technique au début, je l’aborde en douceur, le temps que mes jambes s’habituent à la descente. Ensuite je suis un peu frustrée, les gens devant n’avancent pas à mon rythme et je me fatigue à les doubler. Mais faut avancer quand même, les gens là, c'est tout plat sur un joli tapis d'herbe, on dirait de la belle pelouse bien entretenu, merci la nature ! Je double donc comme je peux et je me prends une jolie gamelle en glissant dans la boue, mais rien de casser, je me relève rapidement et repars. J’ai la forme dans cette descente, c’est agréable, et les sensations vont continuer à s'améliorer progressivement, c’est grisant. J’arrive au chalet de Sales au bout de 12km et 2h15 d'effort, et fais quand même une pause pour remplir mon camelback et picorer 2 pates de fruits. Je repars sur les chapeaux de roue et reprends mon allure, je surkiffe cette descente, je me sens bien, ça court tout seul, les pieds se mettent juste où il faut, je rattrape une bonne quinzaine de coureurs. Petite pause quand même pour prendre en photo la belle cascade et pour faire un petit pipi. J’arrive à la fin de la descente au bout de 15km 2h36min, à la bifurcation entre le 30 et le 60km et c’est reparti pour la deuxième ascension. 

Descente aux chalets de Sales - 12km on déroule dans la descente  

la jolie cascade selfie cascade, même pas mouillée !

Je reprends un rythme de montée, sans abuser mais quand même un peu plus rythmé qu’au début. Il y a pas mal de boue mais ça passe relativement bien. J’ai un petit coup de mou quand même pour arriver au refuge Alfred Wills, au bout de 3h, environ 18km. Je me fais bipper et le mec me dit que je suis peut-être 3ème, il a pas vu beaucoup de femmes. Ca m’étonnerait d’être aussi bien placée mais ça me motive quand même à continuer à ce rythme. La montée pour rejoindre le lac d’Anterne est costaud, mais finit par passer et ce lac est vraiment beau. C’est dommage, j’aurais bien aimé le voir ensoleillé pour une fois, mais ça sera pas pour aujourd’hui ! On le longe, en pataugeant dans la flotte, forcément, et je rattrape une femme, cool, je continue à mon rythme jusqu’au col d’Anterne et là je sais qu’il n’y a plus que de la descente, environ 8km. Ca commence très technique et très boueux au départ, c’est vraiment la galère et on descend un peu tous au ralenti, puis on rejoint la piste et là je lache les chevaux et essaie de garder un bon rythme. Je m’efforce de bien souffler pour que les points de coté n’apparaissent pas, comme souvent en descente, et je déroule. Je double encore quelques mecs dans cette descente et certains s’accrochent à moi, ça les aide bien le rythme que je mets. Un dernier petit coup de cul, un bon passage dans la gadoue et l’arche d’arrivée est là, je la franchis en à peine plus de 5h, 7ème femme au final. Je jette un oeil au tableau des résultats, et je me vois pas. Ca m’inquiète un peu, d’autant plus que Brice m’a envoyé un message et me dit que c’est marqué que je ne suis pas partie sur le suivi live. Pourtant j’y étais ! Je récupère ma bière finisher et je passe voir le PC course, et ils rectifient ça, c’est bon je suis dans la liste. Je décide d’aller récupérer des affaires dans Beber et d’aller vite prendre une douche dans les cabines (plutôt pratique et bien faites dans l’idée mais ils n’ont pas pensé à toute la boue des coureurs qui ont tout bouché assez rapidement) je mets des habits imperméables et chauds et retourne près de l’arrivée. Je vois les copains TDR dans un bâtiment et attends avec eux. Papa arrive après 6h08 de course, et il va se prendre une douche avant de me rejoindre. Maman traine un peu mais arrive finalement après 7h54 de course, elle en a chié quand même et ils ont eu tous les deux froids. On ne s’attarde pas, on rejoint le van pour se mettre au chaud et on rentre rapidement à la maison pour une bonne douche digne de ce nom.

Lac d'Anterne

Arrivée de Papa en 6h07 Arrivée de Maman en 7h54

Allé en petit bonus, parce que les photos de ce week-end sont... comment dire, un peu sombres et humides, je vous mets deux jolies photos des Fiz que j'ai pris lors de ma traversée des Aiguilles Rouges en septembre 2018 ;-)

petit bouquetin en fond de Fiz

La montagne me donne des ailes  

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résultats :fiz_2019_classement_5ref_scratch_1

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parcours topo