J’aime bien cette fin de printemps avec ces longs week-ends de jours fériés. Même si on en a moins qu’en France, on a quand même l’ascension et la Pentecôte, c’est vraiment appréciable. L’an dernier, je m’étais fait un petit week-end choc en solo à travers la Suisse pendant l’ascension. Cette année, on fait un peu la même, mais pas en solo et pas en Suisse.
On profite de ce week-end de 4 jours pour enchainer deux courses dans le week-end. Le jeudi, c’est mon premier kilomètre vertical officiel. Je vous explique, le but étant de monter d’un kilomètre vertical sur un minimum de kilomètres horizontaux. Brice vous dira que si le kilomètre vertical fait plus de 3km c’est pas vraiment un kilomètre vertical… nia nia nia. Bref, On s’inscrit sur le kilomètre Vertical de Chartreuse, à l’occasion du Chartreuse Trail Festival : plusieurs courses au programme dont un kilomètre vertical le jeudi à 17h. C’est nickel pour entamer un week-end choc ça !
Ensuite, le vendredi, je me dis que si on a la forme, on pourrait se faire une petite balade en Chartreuse et descendre tranquillement chez Papa-Maman en Provence. Parce que la seconde étape du week-end est le Trail de Haute Provence, avec le joli Marathon de Lure (44km). Même si Brice dit que le KMV ne fatigue pas, je me dis que se faire un 44km avec un peu de fatigue est un bon entrainement pour la Vanoise. Parce que oui, il faut enchainer un peu les kilomètres pour se préparer à l’objectif de l’année qui se rapproche à grand pas. Brice, lui hésite longuement entre le 44km et le 80km. Le 44 est trop court selon lui, “en 5h c’est torché”. Certes, c’est un point de vue. Mais le 80km, après tout ce qu’il y a enchainer ces dernières semaines, c’est un peu tenter le diable. Surtout qu’il risque de faire chaud.
Bref, au final, on s’alignera tous les deux sur le 44km. Et rien n’empêche de se refaire une belle balade dans les Ecrins ou le Vercors le dimanche en rentrant à Thonon. (Ah oui, c’est beau les idées, mais en fait, on sera totalement KO et on fera simplement une micro balade de 5km...)

Bref, c’est un joli programme, on va en faire que la moitié, comme d’hab, mais c’est déja ça.

Le jeudi, on prend notre temps, je fais une petite grass’ mat’ jusqu’à 6h, un bon petit dèj, on prépare les affaires, un petit passage au marché, et on décolle autour des 10h. On fait un stop à la fontaine de la Versoie pour remplir le jerricane et on se rend compte qu’on a pas de pates. ALERTE GENERALE, Brice fonce chez Bibi pendant que je remplis le jerricane, on repart avec des raviolis ricotta-épinard, sauvés !
On arrive à St Pierre en Chartreuse vers 12h30, juste le temps d’aller flâner dans la boucherie de la place avant qu’elle ferme pour acheter du saucisson et des crozets aux chanterelles (bah oui, pourquoi acheter ses crozets en supermarché à 2€ quand on peut les acheter 4€ sur place …!)
On se pose sur la place du village, je me rappelle un peu des lieux de quand j’étais venu faire le trail en mode hiver, il y a 3 ans déja. On se prépare notre petit festin du midi : on goutte mes différentes gaufres (pesto, carotte-cumin, viande séchée-thym-échalotes : pesto trop bonne, les autres sont un peu sèches), on tape dans le saucisson et on fait cuire la moitié des raviolis. On se prend un bout de chocolat qu’on avait posé sur la table… Ah non, il a fondu, bon ben on se rattrape avec le nougat gagné à l’Allingeoise. Après ce festin, on se fait une petite sieste dans Beber, puis on va retirer les dossards. On nous offre une jolie ceinture aux couleurs du Festival en cadeau de participation accompagné d’une barre énergétique. Puis on décide d’aller faire un tour du coté de la boutique RaidLight, juste pour voir. L’erreur ultime. On dirait pas comme ça, mais le magasin est assez grand, et ils ont profité du festival pour solder la moitié du magasin. Pleins d’offres “fin de série” ou “prototype”. Olala, on a envie de tout acheter. Mais non, t’as vraiment pas besoin de tout ça, t’as déja des shorts de toutes les couleurs de toute façon, mais s’il y en a certains dans lesquels je suis un peu plus boudinée qu’avant… Bref, je craque quand même sur un petit short noir (officiellement, il est pour Nata, mais je me demande s’il est pas un peu court pour elle… D’ailleurs je décide de le tester pour la course. Brice approuve mais commente “faudrait mettre un shorty parce que la marque de la vieille culotte, c’est pas très sex…” Merci… Défois j’ai l’impression qu’on se comporte comme un vieux couple), j’achète aussi deux autres petits cadeaux pour Nata, mais chut, c’est une surprise. Brice craque lui sur une belle veste coupe-vent imperméable orange et un short. C’est vrai que ça lui va bien. Bref, on était “laaarge” niveau horaire, voilà qu’on est simplement dans les temps maintenant. On retourne à Beber pour se mettre en tenue. C’est bien l’été arrive, il fait chaud, même s’il reste un petit air frais, on opte pour le combiné short/tee-shirt avec un camelback que l’on dépose pour l’avoir à l’arrivée avec un petit pull et de l’eau.

gaufres party !

Posés à St Pierre en Chartreuse Parés !

C'est la fête au Festival Le magasin RaidLight à St Pierre de Chartreuse OMG !

On trotte pour descendre au départ, en suivant les balises orange/jaune. C’est bizarre, on descend quand même beaucoup. Et c’est bizarre ce kmv, ne semble pas très pentu quand même. On descend comme ça jusqu’au pont de la Diat. Personne. A part un autre mec que l’on suivait, qui nous suivait. On se décide d’appeler l’orga pour savoir où est ce départ, et avec un petit coup de stress, on remonte jusqu’au pont de la Laitière ! Ah oui, il y a un peu plus de monde ici. Haha les boulets (on va les enchainer ce week-end, je te le dis). Bref, on est dans les temps, Nathalie Mauclair nous fait l’intro, puis le départ est lancé, c’est parti ! Tout le monde part à fond, moi aussi. Quelle erreur. Mais bon on va mettre ça sur le compte que c’est mon premier KMV. Sur le premier kilomètre, ça passe même si les cuissots chauffent. Je le boucle en moins de 10’, mais c’est après que ça se corse. En fait, ce 1er kilomètre n’était pas très pentu, les suivants sont pires, et je commence à ne plus avoir de force. Déjà ! Je sais que c’est un effort intense et rapide, mais il y a quand même 1km de dénivelé à bouffer, donc il ne faut pas non plus se cramer au bout de 200m+. En plus on croise les pancartes nous signalant combien on a monté. Un simple calcul suffit pour nous déprimer en réalisant qu’il reste encore beaucoup trop. Les ischios tiraillent, mais c’est plutôt un sentiment global. J’ai aucune force, je galère. A fond. J’ai les bâtons et poussent dessus mais j’ai l’impression que ça puisse encore plus rapidement dans mes forces. Je rattrape au fur et à mesure une fille en bleu, commence à la doubler mais elle reprend le dessus et me sèmera au final. Bref, les mètres ne passent pas vite et on découvre les montées. AAAH ça fait peur, c’est tout là-haut qu’on va. Dur dur. Je comprends quand Brice me dit “moi dans les kmv, je regarde mes pieds et c’est tout”. Bah oui, t’as même pas la force d’admirer le paysage. Pfff franchement, je subis. Totalement. Allé un dernier effort et il faut mettre les mains pour les derniers mètres, mais avec ces bâtons, c’est pas facile. Ligne d’arrivée franchie en un peu moins de 54 minutes. Ouff, la délivrance. Je m’assois, m’allonge, me repose, souffle. J’ai les gambettes toutes flageolantes. Mais j’admire la vue, c’est beau, la dent de Crolles devant, et d’autres montagnes que je ne connais pas. Mais il commence à faire frisquet alors on redescend à la Scia pour profiter du ravito et récupérer mon sac avec ma petite veste. Hum le jus de pomme et les madeleines-chocolats font du bien.

C'est mignon la Chartreuse

Sur le départ du KMV Jolie vue d'en haut sur la dent de Crolles

Petit savoyard en plein effort Shootée à l'effort

Lien Garmin : KMV de St Pierre de Chartreuse

Relive : https://www.relive.cc/view/2409856079

Après ce bon petit ravito, on redescend tranquillement par le kmv “light”, moins pentu, pendant lequel on peut trotter doucement. J’ai du mal à récupérer, mes jambes sont toutes tremblantes et j’ai mon mal de ventre qui arrive doucement. Toute bouleversée de cet effort, et je dis “plus jamais”. Mais je sais que c’est faux. Je pense que je retenterai un jour l’expérience, rien que pour voir comment ça peut se passer si je gère un peu mieux la course. Enfin on verra, pas tout de suite en tout cas ! On arrive à St Pierre de Chartreuse vers 19h, on regarde les résultats. Je m’en sors pas si mal, je suis 8ème femme et 44 au général. Brice a cartonné, il se place 17ème en 46’, avec son petit béret savoyard (il y avait un cadeau pour les gens déguisés). Bref, on assiste à la remise des récompenses puis on part à la recherche des douches.
On avait entendu que les douches étaient près des kinés, vers le mag Raidlight. On cherche, aucune pancarte, on voit bien la balnéo mais à 25€ la douche, ça fait un peu cher. Brice commence à s’énerver. On décide finalement d’aller voir dans le bâtiment Raidlight et on ouvre la porte des toilettes et là on voit un couple qui a l’air de s’être douché. Alors on leur demande et ils nous disent que les douches c’est ça : un toilette handicapé avec une douche, sans pommeau. Bon bah de toute façon on a pas trop le choix, c’est ça ou rien. Au moins elle est bien chaude, allé hop ! Après cette bonne douche, on cherche un coin pour se boire une petite bière mais on mangerait bien un truc avec. Le premier bar ne sert pas grand chose style apéro et le deuxième qui nous tente avec ses pizzas et burger est totalement complet et n’ont plus rien. Il nous conseille le restaurant “Le St Pierre”, au pont de la Diat, un peu plus bas. On hésite mais on a quand même la flemme de se faire à manger une fois qu’on aura trouver un lieu pour se poser, et il sera surement tard. On descend au St Pierre et il y a de la place, on s’installe et décide de commander le menu tartine. Assez copieux finalement ce menu, parce qu’il se compose d’une tartine (pas très light, les 5 choix comportent tous leur dose de charcuterie et fromage) accompagné d’un gratin dauphinois (si jamais le pain ne suffit pas) et d’un potage ou d’une salade. On hésite à prendre un menu pour deux, parce qu’on a pas tant faim, mais on a quand même un peu peur que l’appétit vienne en mangeant et qu’on se regarde dans le blanc des yeux après avoir partager. Donc on opte pour la tartine montagnarde (reblochon, patate, saucisson) et la tartine raclignon (ou un truc dans le genre avec de la raclette, et je ne sais plus quelle charcuterie). Pas de dessert, j’ai le ventre encore bien retourné de ce KMV et on est capout. On discute un peu avec la serveuse et elle nous dit que la route pour aller à la Dent de Crolles est fermée. Elle nous conseille d’aller voir du coté de Charmant Son. Merci à elle. C’est parti en direction du col de Porte alors, comme ça ça nous rapprochera de Grenoble pour demain. On repère quelques endroits pour poser Beber et on opte au final pour la station d’entrainement de ski de fond à environ 1km du col de Porte. On pose Beber dans l’herbe, face à la belle montagne de Chamechaude. Il est déja 22h, la nuit tombe, on installe Beber et on s’effondre.

Redescente par les petits sentiers

C'est ça la douche ? oui oui je crois... Bon appétit !

Calé le petit déj !

Un petit réveil à 3h du mat’ et une légère envie de faire pipi. Pas forcément envie de sortir mais je sais que la vue va être magnifique alors j’y vais et profite du beau ciel étoilé. Je réveille Brice pour lui montrer et en ouvrant la porte de son coté, même pas besoin de se pencher pour voir le ciel étoilé derrière la Chamechaude. Trop classe ! 

On se rendort pour mieux se réveiller vers 6-7h, le temps d’émerger tranquillement, d’installer la table et de faire chauffer l’eau pour le petit déjeuner. Miam miam. Puis on reprend la (longue) route pour descendre dans les Alpes de Haute Provence, prochain arrêt : Les Mées. Au départ je voulais aller directement à Forcalquier mais finalement les parents sont en train de finaliser le ménage de leur maison pour faire l’état des lieux l’après-midi. On les rejoint, on fait une petite virée en vélo pour acheter du pain et des bières à l’Intermarché et on se fait un petit repas pique-nique sur leur terrasse. J’en profite pour montrer les beaux Pénitents des Mées à Brice, c’est vraiment atypique ces roches et c’est trop beau. 15h, c’est l’heure de filer à Forcalquier pour voir la nouvelle maison. L’extérieur est finie, trop jolie cette structure bois avec un pan de mur blanc crépi. Par chance, la maison est ouverte, on en profite pour prendre possession des lieux et faire une sieste sur le canapé (non crapuleuse, hein maman...). De mon coté, c’est pas la grande forme, entre le KMV d’hier (et l’enchainement de toutes les courses du mois de mai), j’accumule la fatigue et les allergies au pollen qui vole dans tous les sens n’aident pas mon état global. Je suis défoncée. Après la petite sieste, on se motive pour descendre au centre de Forcalquier et retirer les dossards. Il y a foule sous le chapiteau, hallucinant, et pas forcément très agréable. Mais ils sont quand même bien organisés, retrait du n° de dossard, retrait du dossard, récupération du sac cadeau, petit déambulage autour des 4-5 stands partenaires (dont MelTonic et Perl’Amande) et on se pose sur des petits transats en sirotant une bière (locale) et en soufflant un peu. On regarde le contenu du sac cadeau, plein de belles choses : un tour de cou rose (oui, même pour les hommes), une petite topette de pastis local, deux savons, une boisson de récup’, un échantillon baume du tigre, des bons de 10% de réductions dans quelques magasins de la ville. C’est complet ! On rentre à la maison et on discute un peu avec papa et maman. Papa galère un peu à brancher l’eau et l’électricité (mais il a aucune ampoule), mais au final, on y arrive. C’est encore en mode camping mais c’est ça l’aventure. On fait notre pasta party au réchaud de camping sur le devant de la porte et on savoure avec une sauce tomate gagnée par Papa lors d’un trail (l’avantage d’avoir 60 ans c’est qu’il est passé Master 3 et rafle pas mal de podium).


Bref, à 22h30, tout le monde au lit, demain y’a trail !

On est prêt La maison à peine construite, on s'installe

En mode camping Bonne nuit dans la nouvelle maison

Inauguration de la nouvelle maison

Après une super nuit toute pourrie, on se lève à 5h et on déjeune doucement dans le salon. Les affaires sont prêtes, on décolle à 5h50 pour aller au départ du Marathon, à Saint Etienne les Orgues. On prend la jolie route qui passe dans les campagnes, près des Mourres. Et au bout de 10 minutes de route, encore une ALERTE GENERALE. J’ai oublié la puce dans mon sac à dos. Demi-tour toute et en mode rallye pour retourner à la maison. Bon heureusement qu’on était large, au final, avec le demi-tour improvisé, on arrive quand même sur le lieu du départ vers 6h25. Large ! No stress. D’ailleurs j’ai vraiment la tête dans le gaz, pas tant la motiv’. J’ai l’impression qu’on a un peu trop enchainé les courses, j’ai pas trop la hargne du combat aujourd’hui. J’ai plus envie de m’allonger dans Beber après m’avoir coiffée et attachée le dossard que de me hâter sur la ligne de départ. Brice veut quand même aller trotter, donc je l’accompagne, sans grande motivation, et on se place dans le sas de départ. On est environ 300 partants, c’est peu, c’est bien. On est assez loin derrière mais vu ma motivation, ça ne me dérange pas.
Petite parenthèse avec la topologie de la course : en (longue) entrée, de belles vagues de montée pour encaisser 1800m+ sur les 18 premiers kilomètres. S’enssuit une longue descente roulante de 14km pour rejoindre le point départ. Puis pour les 14 derniers kilomètres, des petites vagues de relances qui se finalisent avec la montée aux Mourres pour redescendre à Forcalquier.

Et hop, 5, 4, 3, 2, 1, le départ est lancé !

motivés motivés... 

Sur les chemins de Provence Les belles couleurs printanières et provençales

Comme prévu, ça monte au début, mais ça monte doucement. Les gens sont tous partis vite, comme d’habitude, et ils se mettent à marcher au bout de quelques centaines de mètres, et moi prudence, j’en double une bonne petite partie étant donné qu’on était assez loin dans le sas de départ. Je suis assez surprise du terrain, je m’attendais à de la caillasse ensoleillée et finalement on est beaucoup en sous bois. On sent qu’on est en Provence, l’odeur du thym nous titille les narines, c’est trop agréable. Les premiers kilomètres passent bien, je checke la montre, les temps sont corrects. J’avais bien le parcours en tête, donc au 4ème on repart sur un chemin en léger faux plat descendant, c’est agréable de dérouler. Mais au bout d’un moment, on entend crier derrière. Alerte, ah oui, il n’y a plus de balisage. On a raté une bifurcation, demi tour toute, je pense qu’on a environ 400m de détour, tant pis, il fallait faire attention. On s’infiltre alors dans le petit chemin balisé avec une belle descente bien pentue, pour mieux remonter sec ensuite. Ca a mis un coup de stress tout ça, tous les mecs qui se sont trompés sont en speed pour rattraper les places perdues, comme si la course allait se jouer sur ces 400m de détour ! Je suis quand même énervée de ne pas avoir fait attention et aimerais bien retrouver ma place. Je mets un petit coup d’accélération aussi après la montée sèche, sur une portion de nouveau plate. Je retrouve Caroline, une femme que j’avais encouragé en la doublant, on papote un peu puis je repars devant. Petits moments vallonnés, ça descend pour mieux remonter. On arrive au 7ème kilomètre au bout d'une heure. Nickel, dans les temps. On passe devant un bel arbre, et ça remonte à nouveau : grande et longue montée de 6km-600m+. La pente est douce au départ et le terrain praticable, je me force à trottiner et double encore plusieurs personnes. Puis on passe dans la forêt avec une bonne dose de feuilles par terre, un peu plus dur à courir. La pente s’incline aussi, on passe sur de la roche. J’alterne. Pour finir, on quitte la forêt pour rejoindre un petit chemin caillouteux et atteindre la fin de la montée, avec une belle vue dégagée sur le Ventoux au loin. On est sur une jolie crête, c’est agréable ce changement de décors. Et j’avoue que la montée m’a un peu cramée, ça fait du bien de retrouver un chemin relativement plat. Ca vallonne dans les prairies des crêtes, c’est vert, c’est joli et on redescend dans un creux de vallon pour retrouver le premier ravito, au 14ème kilomètre, au bout de 2h10 de course. J’ai encore pas mal d’eau je crois, alors je pique un peu au hasard dans le ravito et ne m’attarde pas, je sais que le prochain est au 20ème, je ferai un peu plus long à celui là.

Petit répit de plat Entre verdure et caillasse

On rattaque un bon coup de cul juste après le ravito, aïe, je me refais doubler par une brune qui s’attardait au ravito, elle me distancera rapidement, à mon grand dépend. Je mange une barre et un bout du bon petit pain du ravito, mais je chope quand même un coup de mou sur ces jolies crêtes. Pourtant c’est super joli, c’est peut-être pour ça que je prends mon temps et que je traine ! Je marche, ça monte, et on aperçoit au loin la montagne de Lure, signe du top départ pour la fin de la montée. Mais qu’elle est loin ! Un coup d’oeil derrière, c’est magnifique ces balcons rocheux. J’engouffre ma barre CLIFF choco-cacahuètes, hum tellement gourmande, pourtant je n’ai pas faim mais me force à manger. J’ai l’impression que mon mal de ventre arrive doucement et ça me fait doucement peur. J’essaie de ne pas y penser et avancement doucement en respirant bien et en essayant de ne pas trop m’épuiser. On y est presque à cette montagne de Lure et là d’un coup, un bénévole dit : “Le marathon c’est par là”. Ah on monte pas tout en haut ? plusieurs sentiments se mélangent d’un coup : un “ouf”, la montée est finie et un “dommage qu’on ne monte pas là haut”. Mais bon s’il dit que c’est par là, bah on va par là et après 500m de descente, on rejoint un restaurant-refuge dans lequel est basé le 2ème ravito. 20km=3h de course. Je trouve très long ce début de course et je me dis que je ne verrai jamais la fin. Il faut dire que cette première partie était la plus costaud, en avalant 1800m+. Reste plus que 600m+ sur les 24 prochains kilomètres. Je prends quelques minutes pour remplir mon camelback (quasi vide, c’est rare que je boive 1L en 20km) et picore des victuailles. Je reste scotchée sur la pastèque, en fait j’ai soif et j’ai envie de ces petits morceaux de pastèques. Mais il y a de tout, magnifiques ravitos, même de la salade de lentilles, du potage. Je prends même le temps de faire un petit pipi et repars heureuse et légère.

Sur les crêtes de la montagne de Lure En galère sur les balcons de Lure

Belle vue sur les Alpes Provençales 

La montagne de Lure

Balade sur les crêtes Balade sur les crêtes 

Place à la descente maintenant, pendant une dizaine de kilomètres jusqu’à notre point de départ : St Etienne des Orgues. Au début, c'est un peu technique puis on poursuit ensuite sur un chemin dans la forêt. Ca permet de dérouler c’est cool, mais au bout d’un kilomètre à 12km/h en respirant bien pour faire passer le mal de ventre, je me dis que ça risque d’être long si ça continue comme ça. Heureusement, ce n’est pas le cas, au bout de 2km, on quitte le petit sentier forestier pour retrouver un autre type de chemin, puis un autre type, on slalome entre les arbres dans la pampa et au final, les kilomètres passent plutôt bien. Je me sens en forme et rattrape 4-5 mecs qui avancent moins vite que moi. On arrive comme ça au kilomètre 30 à St-Etienne, après 4h10 de course.  

Retour sur les chemins ombragés

Une pause s’impose, même si je me sens plutôt bien, je sais que prendre 2-3 minutes au ravito me permettra surement de ne pas perdre 10-15min plus tard. Je fais le plein d’eau, je me gave de pastèques, il n’y a que ça qui passe, ça suffira pour le reste de la course. Une petite poignée de fruits secs et c’est reparti avec un groupe de mec, au petit trot. Je n’ai plus la foulée du début mais j’arrive à tenir un rythme correct et même doubler au fur et à mesure des mecs et une femme sur les 10 kilomètres vallonnées qui suivent. Je me rappelle le parcours, petit coup de cul à 32, coup de cul un peu plus gros à 35, je me mets en marche rapide au milieu des pâquerettes, puis retrotte près de Fontienne, le village qu’on a traversé en voiture ce matin. Vers le 38ème kilomètre, on retrouve les concurrents du 28km, je regarde si je ne vois pas maman, nan. Encore un petit coup de cul au 39km et on atteint le ravito du 40km.

Dans la campagne provençale Dans le champs de marguerites

Il commence à faire vraiment chaud et on est plus dans la forêt. Dernière partie, et non des moindres, la montée aux Mourres : 300m+ en 2km, au bout de 40km, je peux vous dire que ça fait mal. Je teste le gel “coup de fouet” de MelTonic. Bof, j’ai pas tant senti un coup de fouet, juste les intestins qui gargouillent un peu plus qu’avant… Je monte à mon rythme, fatiguée mais quand même alerte pour ne pas perdre de classement. Je vois des filles devant, mais elles sont sur le petit parcours. J’en rattrape certaines et les encourage. Et j’arrive finalement au bout de cette satané montée. Le photographe, ce petit sadique a décidé de se poster juste à la fin de la montée. "Sympa la photo, elle a l’air cool cette randonnée ! La touche avec la casquette, en mode marche et attaque talon à fond. Bah oui je suis cuite quoi…" Allé plus que 2km de descente, dans les Mourres pour commencer, j’y vais tout doux, c’est pas le moment de se tordre une cheville. Puis on rejoint le tour qu’on avait fait avec Papa, Maman et Nata quand on était venue à Pâques. Ca descend fort sur le bitume, j’essaie d’accélérer mais le ventre me fait souffrir. J’essaie d’oublier la douleur, mais n’arrive pas à courir aussi vite que je le voudrais. Je subis pour ce dernier kilomètre, je rentre dans la ville de Forcalquier, me force quand même à sourire à tous ces gens qui m’encouragent et je franchis la ligne d’arrivée en 5h48min, 62ème au scratch et 8ème femme. Je suis relativement satisfaite de ce résultat, j'ai assez bien géré la course, donné juste ce qu'il faut pour en chier les deux derniers kilomètres. Et avec le cumul de fatigue des semaines précédentes, ça me fait une bonne base d'entrainement pour la suite. En prime, aucun blessure ! 

Descente fleurie 

Randonnée de Haute Provence ! Brice aux Mourres 

Enfin arrivée !

Papa et Brice m'acceuille à l'arrivée. Brice a cartonné et est arrivé 16ème au scratch en 4h59. Je prends mon temps pour récupérer mes forces au ravito, me bois une petite boisson de récup', mange 2-3 bricoles et on retourne se poser à l'ombre en attendant l'arrivée de Maman un peu plus tard. On discute pas mal et on décide de remonter à la maison pour prendre une bonne douche et se poser un peu avant de redescendre prendre le repas. Au menu, une part de pizza avec une salade de lentilles et une pomme. C'est top comme repas, ça nous change de notre "diot-patates" haut-savoyard. On prend aussi le temps d'aller se faire masser par les ostéos. Super sympa la petite masseuse d'Avignon, elle me débloque la cheville et remets tout le bordel en ordre pendant les 10-15min de séance. On décide ensuite d'aller faire une petite balade en ville pour passer au magasin de producteurs et acheter quelques spécialités bières locales. On se prend aussi une petite glace dans un petit salon de thé/glacier super sympa et chaleureux : Flazzi. Elles nous font gouter en avant première leur nouvelle glace "gianduja", un délice ! C'est pas le tout, mais il faut bien retourner chercher la voiture que l'on a laissé à St Etienne les Orgues. Sur la route, on croise encore des participants de l'Ultra de Lure (80km). Qu'ils doivent avoir chaud, mais heureusement c'est bientot la fin pour eux. Après avoir récupérer Beber le berlingo, on est bien fatigués alors on se pose une petite heure à buller avec le soleil qui décline progressement, sur le terrain à coté de la maison, face aux montagnes. Le pied ! 

repas du midi : lentilles ! Bonne glace de chez Flazzi, miam miam !

lien Garmin : Trail de Haute Provence - Marathon de Lure

Relive :  https://www.relive.cc/view/2414082530

Résultats : thp_2019_classement_Maratho_scratch

Marathon de Lure - parcoursMarathon de Lure - topo

Dimanche, ça sent l'heure du retour. On décide de se lever tôt et de partir direct (Mais oui Papa, on a bien vu que tu étais déçu qu'on reste pas déjeuner...) pour avoir le temps d'aller faire une petite balade dans le Vercors. On se prend une bonne dose de croissants/viennoiseries à la bonne boulangerie de Serres (pratique, elle est au bord de la route, il y a toujours de la place pour se garer et ils font vraiment des bonnes choses). Puis on s'installe pas très loin de Luz La Croix Haute pour nous faire un petit déjeuner d'ogres et une petite balade de récup' de 5km-200m+. On est totalement cuit des jours précédents, alors on marche tranquillou, on profite du paysage, et ça nous suffit pour aujourd'hui, et ça clot ce joli week-end de 4 jours. 

Next step : le triathlon de Thonon le week-end d'après puis une semaine de vacances à la découverte des Dolomites !

A bientôt la maison  Petit dèj au Caire !

beauté et simplicité petit mont

Joli paysage 

Lien Garmin : https://connect.garmin.com/modern/activity/3709296470

 

Souvenirs du week-end de l'ascension 2019