Il faut toujours voir les cotés positifs des choses : cette petite entorse de la cheville est la bienvenue pour reposer un peu mon corps meurtri et fignoler tous les textes que j’ai commencé sans jamais les finir sur toutes les jolies sorties que j’ai faite cette année.


Depuis que j’entends parler du Valais, j’ai prévu cette année de me réserver quelques week-ends à la découverte des montagnes de ce canton suisse à la réputation bien frappée. En plus mon collègue Nicolas, qui fait beaucoup de randos et de photos m’a offert un super bouquin, Run the Alps, une sélection de 30 trails à travers la Suisse, d’environ 20-30km. Je n’ai plus qu’à piocher dedans et me laisser guider. Merci Nicolas !

Run the Alps


Mon premier choix de tourné vers la sortie Arolla : pas trop loin de chez moi et ce Lac Bleu qui promet. Etant relativement fracassée en ce moment, je décide de ne pas me faire en mode trail mais en mode rando sur deux jours, avec toute ma maison sur le dos, marcher en douceur pour me retrouver avec moi même.
Pas de bol, il fait toujours méga beau en ce moment mais ce week-end s’annonce moche. Au final les prévisions du jour sont moins pires que prévu, je décolle vers 14h de Thonon et arrive vers 17h dans la vallée du Val d’Herens. Le bouquin me dit de me garer à Pramousse, le GPS m’y emmène facilement, l'autoroute jusqu'à Sion (la vallée du Rhône n'est quand même pas méga magnifique) puis on bifurque dans une des innombrables vallées perpendiculaires, et là le charme suisse opère, c'est tout joli, un peu sauvage. Je continue la route et atteins Pramousse assez facilement. Par contre, tout le long de la route, je vois pleins de pancartes "interdiction de bivouaquer" hum, ça me stresse un peu, j’aime pas être "hors la loi" mais je n’ai pas envie de dormir dans un hôtel ou refuge pour autant. Par chance, il se remet à pleuvoir quelques gouttes, il ne fait pas extra chaud, je charge mon sac sur le dos et cache la tente sous mon poncho de pluie. Je longe le Pô (la rivière, toute jolie, d'un bleu glacé bordée des petites fleurs violettes) pour revenir au hameau de la Gouille devant lequel je suis passée en voiture, avant d’attaquer la montée au Lac Bleu. On voit que c’est un parcours de trail, les auteurs du livre ont prévu les 2-3 km de plat le long de la rivière pour un échauffement en douceur, avant d’attaquer la montée par un itinéraire moins pentu que le chemin de randonnée. N’empêche qu’avec un sac de plus de 10km, j’avance pas. Et bon en ce moment je suis plutôt du genre à prendre mon temps, analyser les arbres, prendre des photos. C'est une autre manière d'apprécier la balade, certes ça prend un peu plus de temps. Je regrette tout de suite ce que j’ai dis à Nicolas quelques jours auparavant : "Oh les mélèzes, moi j’suis pas fan", ceux du Valais sont magnifiques !

ça commence le long du Pô La montée au Lac Bleu

J’arrive au Lac Bleu après 1h30 de marche tranquille et Waouh, la claque. Il est magnifique. Vraiment bleu ! Et par chance, avec ce temps et cet horaire (il est quasi 19h), j’ai le lac pour moi ! Je pose ma carapace dans un coin et explore les environs, pour trouver un endroit stylé pour installer la tente. Il n’y a pas énormément d’endroits plats et le peu d’endroits plats que je trouve sont remplis de bouses de vache ! Je réussi finalement à me dégotter un petit coin sympa. Je fais quelques photos, mais il se remet à pleuvoir alors je monte ma tente et m’y réfugie. Je suis claquée mais il est à peine 20h. Je n’ai pas faim, j’essaie donc de dormir. Mais nan ça veut pas, après quelques somnolences, je me réveille, mange mon repas : un œuf, une carotte et un peu de pain. J’essaie encore mais toujours pas. Je continue l’Axe du Loup de Tesson. Après quelques passages en Mongolie, je réussis finalement à m’endormir. Il fait fraichouille quand même à 2000m dans le Valais !

Le Lac Bleu Mélèzes et Lac Bleu

Le Lac Bleu 

Je me réveille vers 5h30, traine un peu puis remballe mon barda. A 6h30, le soleil n’est pas encore levé, mais je suis prête, alors j’engouffre une crêpe à la farine de châtaigne et commence mon ascension vers la cabane des Aiguilles Rouges, à 2800m.

Je marche 5 minutes puis fais une pause pour enlever ma doudoune, remarche 5 minutes, encore une pause pour enlever encore des couches. ça chauffe quand ça monte, quelque soit l’altitude et l’heure. En regardant en arrière, il y a un joli bloc de nuage, ça fait une ambiance sympa. Le soleil pointe finalement son nez puis se recache derrière une couche de brume. Je me dis que c’est tant mieux, sinon j’aurais vraiment trop chaud dans cette montée. Je me traine, je pousse sur mes batons (eh oui j’ai investi dans des batons, mais il faut encore que je m’habitude à les avoir) et j’avoue qu’ils m’aident bien dans cette montée. La végétation disparait au fur et à mesure. Les mélèzes disparaissent, et les touffes d’herbes aussi au fil de l’ascension, laissant place aux petits cailloux ronds faconnés par le petit Torrent de la Chapelle. En regardant au loin, je vois la fameuse cabane. Ah oui c’est tout là haut. Eh bah marche encore sans t’arrêter ! Le ciel est de plus en plus chargé, mais les nuages bougent vite. Ils dissimulent certains massifs puis les redécouvrent. C’est un cache-cache à grande échelle. Je passe le petit torrent (ça ressemble plutot à un ruisseau), et monte un dernier coup de cul pour atteindre ce refuge. Et tout là haut, avec le vent, sans soleil, eh ben ça pèle bien. La cabane est calme, j’en fais le tour par curiosité et repars sans trainer, après avoir remis ma bonne doudoune. Je lis aussi le descriptif du mémorial dressé ici : le projet Artitude.

Petite vue de la chambre Petit aperçu de la chambre

en mode contemplation

Barre de brume Fleurs jaunes et ciel bleu

La montée à la Cabane des Aiguilles Rouges

paysage lunaire à partir de 2700m Cabane des Aiguilles Rouges

Je redescends dans la vallée par un petit chemin pas très pentu. Je continue à me dire que ce sont de bons itinéraires trail, où tu peux vraiment courir partout si tu le veux (et si tu le peux !). Je suis seule, c’est agréable. Le seul regret, c’est ce temps, ces nuages qui me cachent un peu les hautes montagnes. Tant pis, on ne commande pas la météo. J’aperçois un chamois au loin qui remonte voir sa famille, je l’observe, simplement, et continue mon bonhomme de chemin, en descente. Je croise un groupe de 3 personnes, puis quelques groupes au fil du temps, tous les gens qui y montent de bon matin, il est maintenant 8-9h. Je descends jusqu’à la bifurcation pour aller à la Tête du Tronc, mais je croise un mec qui me dit qu’avec ces nuages, il n’y aura pas vraiment plus de vue. Je n’y fais pas le détour et continue mon chemin, tranquillement. J’atteins le petit village de bergers de Pra Dra, c’est tout mignon ces petits chalets en bois. Et Oh tiens une marmotte qui se balade ! Je la salue et continue ma descente vers Arolla.

on redescend dans la vallée je redescends dans une autre vallée

Jolies fleurs jaunes 

Il se remet à faire un peu chaud, j’en profite pour faire une pause déjeuner sur un cailloux et savoure mes simples victuailles (du pain, de la purée de fruits secs, un fruit) et profite de la vue sur la vallée et le glacier d'Arolla à droite. Ca fait du bien de prendre son temps parfois. Je recharge ma carapace et continue ma route jusqu’à Arolla, en croisant quelques randonneurs et quelques marmottes de plus. A Arolla, il faut récupérer un petit sentier, parallèle à la route de la vallée qui ramène directement à Pramousse. Les mélèzes sont de retour, je suis seule sur ce petit sentier forestier pour une fin de parcours toute en douceur (si on le fait en mode trail). 

C'est l'heure du déjeuner Coucou Marmotte

pour finir sur un sentier bordé de mélèzes

J’arrive donc à Pramousse après 18,5 kilomètres et 6 heures de rando. Il est à peine 11h j’ai tout mon temps pour rentrer tranquillement sur Thonon. Je reprends la route et m’arrête dans un café avant de redescendre dans la vallée du Rhône et m’offre un bon café accompagné d’une tarte aux abricots du Valais bien sûr. Je roule 1km de plus et m’arrête encore pour acheter 1km de ces fameux abricots et gouter au sirop. 
Je continue ma route et sur l’autoroute, je suis attirée par ces pancartes “Fête de l’abricot”. Il est 12h, j’ai le temps, je décide de faire un petit détour par la ville de Saxon et d’aller tater l'ambiance, et repart avec 2,5km d’abricot en plus ! 
Bon au bout d’un moment, faut arrêter les conneries, je reprends ma polo et rentre à Thonon, satisfaite de cette première sortie en terres valaisannes.

Le long du Pô En Valais, l'abricot est roi

 

Allez, je suis sympa, je vous offre deux jolies citations de Tesson qui reflètent assez bien mon week-end valaisan ;-)

 

"La pluie à été inventée pour que l’homme se sente heureux sous un toit."

"Et si la liberté consistait à posséder le temps ? Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence - toutes choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu."

 

Lien Garmin : https://connect.garmin.com/modern/activity/2871418434

Relive : https://www.relive.cc/view/1720048233

Arolla - parcours Arolla - topo