Dimanche 25 Mars  

Parfois tu te réveilles la nuit avec une envie pressante, quand tu es en bivouac, c'est un peu quitte ou double, soit tu te forces à te lever, te rhabiller, mettre les baskets ou avoir froid aux pieds en tong, mais le spectacle qui t'attend quand tu sors de la tente et lève les yeux au ciel vaut tous les petits efforts cités précedemment ! C'est ce qui m'arrive cette nuit, un magnifique ciel étoilé, je ne regrette donc pas que ma petite vessie m'ait sorti de mon sommeil.

Bref, aujourd'hui c'est le changement d'heure, on ne sait jamais si les téléphones ou montres changent d'heure automatiquement ou non, si bien que je me réveille vers 6h30, de la nouvelle heure puisque le soleil est encore couché. Je s de la tente pour ne pas déranger les autres filles qui dorment encore et j'attends patiemment que le petit dèj soit prêt. Je profite une dernière fois des bonnes psemens, des oeufs brouillés au lait et du thé à la menthe. Je fais quelques étirements sur la plage et me prépare pour la dernière épreuve. Je me sens bien reposée, mais mon genou gauche est douloureux dès que je marche, je sens qu'il va me donner du fil à retordre. J'essaie de ne pas trop y penser, mets un peu mon mix anti-inflammatoire dessus et espère en silence que la douleur ne sera pas trop vive en courant. Pas de taïchi ce matin, avec le changement d'heure et un départ à 9h30. On a donc le temps de ranger les affaires tranquillement et de profiter du soleil qui se lève sur la plage. On fait des photos de notre tente N°11 avec les filles (sauf Nata qui n'est toujours pas prête et est encore en train de se laver les dents à 10 minutes du départ : "bah quoi j'ai le temps !"), et on se regroupe sur la plage pour prendre le départ de cette troisième et dernière étape. 

just enjoy and run ! Tchao la plage d'Iftane

C'est parti pour la dernière étape selfie casquette et tête d'andouille !

Le compte à rebours est déclenché, c'est parti ! Au niveau du classement, je suis en tête chez les féminines, Sabine est juste derrière moi à 5 minutes, puis Nata derrière elle, à 5 minutes aussi. Autant vous dire que je compte bien conserver ma première place et que j'aimerais hisser Nata sur la seconde, mais bon, pour l'instant on va se contenter de réussir à finir l'étape. On commence avec une jolie montée de 150m+ sur 1km, droit dans l'pentu comme on dit chez nous. Comme on ne s'est pas échauffée, on part tranquille, en marchant à bon rythme. Comme je m'en doutais, le genou tire, c'est douloureux et je me pose des questions, est-ce raisonnable de courir cette étape ? Mais en même temps, je n'ai pas envie d'abandonner, alors je suis Nata et espère que ça passera une fois chaud. On arrive en haut et on reprend un petit rythme de croisière, Sabine toujours en tête mais visible, Sophie et Carine dans les parages, Nata et moi. Je la laisse devant, trop occupée à gérer la douleur au genou, je sers les dents, puis au fil des kilomètres, les muscles chauffent et la douleur disparait, tant que je ne m'arrête pas. Dès que je m'arrête pour prendre des photos et que je repars, paf la douleur sonne dans le genou. Je préviens alors Nata que je vais m'arrêter le moins possible et que je vais prendre mon rythme perso. On fait quand même une petite pause pipi et on reste ensemble sur les 8 premiers kilomètres, puis elle décroche, je double Sabine dans une montée et continue seule. 

Belle montée pour commencer Le vent souffle sur les champs

coucou les chèvres Rachid au milieu des fleurs violettes

A partir de ce moment là, je suis dans un état second. Je me sens bien, sereine, zen. Je cours tranquillement, sans effort, je gère ma respiration sans trop y penser, dévalle les sentiers, libère la pensée. Je cours, simplement et me sens terriblement bien. Les kilomètres s'enchainent, je fais attention à toujours repérer les points bleus puis roses qui m'indiquent que je suis sur le bon chemin. Je double des marcheuses, elles m'encouragent, je les remercie. J'arrive au ravito du 13ème kilomètre, m'arrête un petit peu, discute et repars sur les sentiers au milieu des arganiers. On passe dans un oued pendant un bon kilomètre, c'est assez galère à courir dedans, j'alterne marche et course, la douleur se réveille encore mais je la mets de coté et trace ma route. Ca remonte un peu, je croise un troupeau de chèvres noires, on me prend en photo avec et je repars. Je redescends dans une vallée, traverse une rivière pour ensuite remonter dans un village. J'adore ce moment, on a une magnifique vue sur la vallée parsemée de petites fleurs jaunes, j'en cueille deux et les accroche à mon sac. C'est trop beau !

J'adore ces paysages J'ai transformé Nata en troupeau de chèvres !

Belle vue sur la vallée On descend pour remonter

Belles petites fleurs jaunes une éterlouve dans son élément naturel

Je continue sur le plateau pendant quelques kilomètres puis on aperçoit au loin la mer après une longue ligne droite qui descend, tout en cailloux. Il faut faire attention aux endroits où tu mets les pieds, c'est le 3ème jour, la fatigue commence à se faire sentir, le moindre petit faux mouvement peut être fatal pour les chevilles. Mais j'arrive au bout de cette ligne droite, avec Olivier en ligne de mire que je rattrape. On traverse la route et on arrive sur la plage de Sidi Kaouki, que l'on a traversé le premier jour. Cette fois, on a le vent de face et le dernier kilomètre sur cette plage parait interminable. On voit les oriflammes au loin mais on met tellement de temps pour les atteindre ! Malgré la fatigue qui s'installe, je savoure quand même ce dernier kilomètre du Tizi N'Trail sur les terres marocaines, et franchis la ligne d'arrivée en 2h40min. Je sors un peu de ma bulle, discute avec les gens et on prend quelques photos. Le photographe me demande mes impressions, mais je n'arrive pas à mettre des mots sur ce que je ressens, je me sens bien tout simplement, pourquoi faudrait-il parler pour exprimer ce qu'on ressent?

Dernière ligne droite caillouteuse pour rejoindre la plage de Sidi Kaouki

et dernier kilomètre sur la plage face au vent ovomaltine, c'est d'la dynamite

Je me pose tranquillement, remarque les dégats des arganiers sur mes mollets, je ne m'en étais même pas rendu compte et mange ma petite barre ovomaltine, par gourmandise et attends que Nata arrive. Sabine la précède de 2 minutes et Nata arrive au bout de 2h54 en compagnie de Sophie. On discute un peu, on trempe les jambes dans l'eau et on mange nos sandwichs thon-salade au soleil. On discute avec les filles qui arrivent petit à petit puis on rentre à l'hotel Perle de Mogador à Essaouira en navette.

Nata et Sophie 

On se pose dans notre nouvelle chambre, on prend une bonne douche, on fait une petite sieste et on décide d'aller visiter un peu la médina d'Essaouira. On prend un taxi, parce qu'on a vraiment pas la force d'aller jusqu'au centre de la ville à pied (plus de 2km). On traine un peu dans la médina et on se pose dans un petit bar aux cotés d'Ellias. On savoure de bonnes patisseries marocaines avec un thé à la menthe tout en profitant du soleil, une bonne récompense après cette course intense. On visite ensuite le port d'Essaouira et on achète quelques céramiques dans une petite boutique. Je craque aussi sur une chèche parce que j'en ai marre d'avoir froid !

Petit thé et patisseries sur une terrasse d'Essaouira au port d'Essaouira

jolis bateaux bleus au port d'Essaouira

J'adore toutes ces jolies choses ! dans les rues d'Essaouira

Massage de pieds, on en rêve tous ! 

Canon les filles ! Canon les Götz ! Sur la place d'Essaouira

 On déambule dans la ville et on rejoint le riad Dar L'Oussia pour la soirée de cloture du trail. On trinque avec une bonne piña colada et un jus de fruits délicieux, accompagné d'une bonne petite tapenade. On regarde les petits films réalisés par le photographe Paul Vilcot et par le petit jeune marocain réalisateur (hum hum, je me souviens plus de son prénom...). Puis Gilles de l'organisation prend la parole pour la remise des récompenses, annonce les classements officiels, récompense les premiers mais aussi certaines personnes qui ont marqués cette 6ème édition du Tizi N'Trail. C'est sympa, mais je déteste être sur le devant de la scène et devoir parler en public. Je pique la réplique de Frank : la stratégie principale c'était : "Du plaisir, du plaisir et du plaisir !" Sur ce, le buffet est servi, on se régale de salades marocaines, tajines et orange à la cannelle ! Ils font péter la musique, mais c'est de moins en moins mon truc, il y a trop de bruits pour moi, trop de monde, et je commence à être un peu fatiguée. Je prends mon mal en patience, on se boit un dernier petit thé à la menthe avec les garçons et on ne tarde pas trop à rentrer à l'hotel pour une courte nuit de sommeil. 

podium de Nata, 3ème place ! 

les oranges à la cannelle ! que la fête commence !

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