Samedi 24 Mars 

Tente de luxe rime avec nuit réparatrice. Je me réveille vers 6h, toute reposée et m'isole pour quelques étirements sur la plage. Le vent est moins fort au petit matin, et le ciel un peu couvert, mais il ne fait pas froid pour autant. J'apprécie ces moments avec moi même, à m'étirer les mollets, les quadri, me faire mon poirier pour remettre les idées en place. Je déjeune avec Sandra et Krystell, les psemens sont délicieuses, j'en engouffre 3, en plus des oeufs brouillés au lait et au cumin, hum j'adore découvrir les petits déjeuners des pays que je visite. Nata n'est pas encore debout mais ça va, à force j'ai pris l'habitude de ne plus trop stresser pour elle, je sais qu'au final, elle sera plus ou moins prête à l'heure. Mais elle va rater le début du taïchi matinal que l'on fait sur la plage, face à l'océan. Encore un moment exceptionnel ! C'est tout ces petits moments qui ne font pas parti de la course même qui sont remarquables. Quand je dis aux gens que je vais faire un trail sur 3 jours au Maroc, beaucoup ne pensent qu'aux étapes : "Combien de kilomètres, de dénivelé...?". Mais au final, les étapes ne sont qu'une petite partie de l'aventure, un prétexte pour partager 3 jours entiers de moments inoubliables comme flaner sur la plage, faire son taïchi, discuter avec les autres, découvrir la nourriture locale, apprécier une douche à l'africaine ou un matelas confortable. Bref, on finit de se préparer, je coiffe Nata, on sent les gens qui s'agitent, qui commencent à s'échauffer. Nous notre principe c'est qu'on s'échauffe sur les premiers kilomètres. On en a 21 aujourd'hui, donc pas besoin d'échauffement, on partira simplement tranquillement. On discute avec des filles avec qui on n'avait pas encore parlé : une haute-saônoise (ils sont partout ces haut-saônois !), on se prend une petite photo et hop le départ est donné un peu par surprise. 

contemplation 

taïchi matinal face à l'océan C'est parti pour la 2ème étape 

C'est parti, et comme d'habitude, les gens partent trop vite ! On commence sur des petits chemins caillouteux et là Nata me sort : "Oh j'ai oublié de faire mes lacets". Vous connaissez le smiley qui se tape le front contre le mur, c'est un peu lui qui passait dans ma tête à ce moment là ! Je lui dis de s'arrêter pour les faire, mais elle a la flemme, elle dit qu'une fois partie, elle a pas envie de s'arrêter, donc elle parcourra les 21km avec les lacets défaits (et ce n'était vraiment pas roulant, des cailloux partout, je ne sais pas comment elle a fait pour ne pas se tordre une cheville). Le chemin vallonne un peu, petits coups de cul en descente et en montée et on rejoint un grand chemin, toujours avec l'océan en vue, c'est magnifique avec ce ciel un peu couvert, d'ailleurs on sent quelques gouttes de brume nous chatouiller par moment. Après 3km, on entre dans l'oued : le lit d'une rivière asséchée et on abandonne Sophie et Carine, les chamois des montagnes sont dans leur élément, on alterne petites foulées dans ce faux plat montant parsemé de cailloux et on arrive dans les champs d'arganiers. Quel contraste avec la plage, c'est simplement magnifique (deux mots qui vont vraiment bien ensemble je trouve : avec le temps, je me rends compte que les choses simples et naturelles sont souvent les plus belles). Ca monte un peu en ce début de course, je prends mon temps et calme le rythme et attends un peu Nata sur les chemins des arganiers. En fait, je cours plus vite qu'elle mais je pense que sur la durée, elle tiendrait plus longtemps que moi, donc on se complète assez bien, elle me met les rênes au début et je la pousse en lui donnant un rythme rapide. On croise des groupes de marcheuses et elles nous proposent de nous faire une petite photo, c'est gentil, merci !

On quitte le bord de mer pour les arganiers 

On commence en groupe jusqu'à l'oued passage dans l'oued, les chamois prennent le large

Les soeurs Götz avec le sourire ! le long des arganiers

On continue notre petit bonhomme de chemin entourées des arganiers, on profite du paysage, je prends un peu sur moi pour attendre Nata, d'autant plus qu'on voit Sabine devant, mon esprit de compétition me dit : "Vas-y accélère, rattrape la" et la raison me dit : "Mais non reste avec Nata, de toute façon il reste encore plus de 10km". J'attends donc Nata, je prends des photos, apprécie les paysages et on arrive au ravito vers le 10ème kilomètre. Les gars nous disent que la 1ère est pas loin, oui je sais... Je dis donc à Nata que je vais accélérer un peu, j'ai envie de prendre mon rythme à moi et me faire plaisir en "envoyant" un peu. Mais Nata me rétorque : "Ok si tu veux mais je peux accélerer moi aussi !". Ah bah, si on peut y trouver notre compte à toutes les deux c'est cool. On ne s'attarde pas trop au ravito et on repart, on recolle Sabine de plus en plus, et on redescend en direction de l'océan. C'est vraiment beau, les palmiers, le petit chemin blanc bordé de patures vertes aux fleurs jaunes, un paysage de carte postale. On se rapproche des falaises, du lit d'une rivière, magnifique paysage là : la rivière, les dunes de sable, les petits chemins et l'océan au loin. On fait des pauses photos, un petit selfie pour immortaliser le moment, et on repart. 

joli arganier une Natachouette à tête rouge dans son milieu naturel

magnifique paysage Oh la vache

on rejoint le bord de mer magnifique paysage

On longe ensuite l'océan par la falaise, Sabine n'est vraiment plus très loin, ça me démange de la rattraper ! Mais Nata calme un peu le rythme, je l'attends une dernière fois puis lui annonce que je vais y aller, je vais dérouler et me mettre dans ma bulle. On est au 13ème kilomètre donc au pire, elle rattrapera Sabine et courra avec elle. Je me fais plaisir et accélère la foulée, oh que de sensations dans ces paturages avec vue sur l'océan, l'extase ! Je double Sabine qui me dit qu'elle a un coup de chaud, puis son coéquipier Ali. Je fais bien attention à repérer les petits points bleus du balisage pour ne pas perdre le chemin et continue ma route en solo. On croise un petit groupe d'enfants qui me tapent dans la main au passage, un geste simple et affectif. Puis je continue et rattrape petit à petit Olivier et Rachid. Vers le 19ème kilomètre, je commence un peu à fatiguer, mon mal de ventre commence à venir, je sens un peu les points de coté. Je ralentis le rythme, respire profondément et apprécie encore la vue, il y a des petites plages tellement belles. Après un dernier virage, on aperçoit la plage d'Iftane et les tentes du bivouac. J'arrive sur la plage, et dédicace à Nata, j'enlève mes baskets pour finir cette étape pieds nus dans le sable : 21km en 2h15min. 

Sur les falaises vertes du Maroc Comme un air d'Irlande?

plage paradisiaque l'arrivée est proche, petit smiley marqueur

les falaises marocaines bivouac de luxe à Iftane

Je pose mes baskets, félicite les mecs qui sont arrivés et retourne au coin de la plage pour attendre Nata qui ne devrait pas tarder. Je la vois arriver comme une fleur 10 minutes après, en seconde position, bravo Nata ! Elle enlève ses baskets pour finir au naturel, pieds nus dans le sable. Elle est suivie de près par Sabine, Marina et Sophie. Puis les participants arrivent par accoup. On est bien tentées d'aller gouter l'eau alors on se change, on met les maillots tant qu'on est un peu chaudes et on plonge dans l'océan. Elle est vraiment fraîche au départ, puis une fois dedans, ça fait rudement du bien. Je ne m'attarde pas trop non plus parce que le mal de ventre et l'eau froide ne font pas forcément bon ménage. Je me remets au sec et apprécie notre petite collation (aujourd'hui c'est sandwich poulet-tomate) au soleil. On fait le plein de chaleur après ce bain de fraicheur, et on se pose sous une tente pour faire une petite sieste. On se repose, c'est agréable de ne penser à rien, ne de rien faire. Je fais mes étirements face à la mer, me retrempe les jambes dans l'eau, on marche le long de la plage entre soeurs, en appréciant le moment présent. Une petite douche à l'africaine et à 17h, c'est l'heure du taïchi. On y prend gout, on arrive plus ou moins à suivre les mouvements de Randy. Pour le coucher du soleil, les garçons nous proposent de manger le poisson frais d'un boui-boui juste à coté du campement, rencontre avec les locaux, on discute autour d'un poisson grillé, simplement bon. Puis retour sous les tentes pour le briefing de la journée de demain et le bon couscous qui nous a été préparé avec une petite compotée d'oignons, un régal. Des journées comme ça, ça te remplit la tête de belles images mais ça fatigue aussi beaucoup. Au lit à 21h15 !

On finit l'étape pieds nus ! chacun sa tente

une coureuse qui fait son yoga sur la plage douche improvisée

poisson frais en train de griller dégustation du poisson

Qui veut la même salle de bain?

petite salade marocaine en entrée un bon couscous marocain (avec la compote d'oignons)

Lien Garmin : https://connect.garmin.com/modern/activity/2582788224

Relive : https://www.relive.cc/view/g19087162596

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