Après le Trail de Vesoul, Benjamin me propose de poser deux jours pour faire un grand week-end et partir en mini-vacances. On se fait un joli road-trip en vélo dans le sud de la France: une boucle au départ d’Avignon en passant par la Camargue, les Alpilles et le Luberon. C’était vraiment cool, ça coupe vraiment la routine quotidienne et ça fait les cuisses avec un total de 250km sur les 4 jours.

 

Le beau village de Gordes Sur les routes de Provence au lever du soleil


Mais après ces deux week-ends non-stop à rentrer tard le dimanche soir, je ressens quand même le besoin de me poser un peu. Le problème c’est qu’il fait beau toute la semaine et que le week-end s’annonce pourri. Météo pourrie signifie pas de balade en montagne, surtout en cette saison, on n'est plus en été, c’est quand même moins agréable de se balader dans la brume et le froid, avec des risques de pluie ou de neige. Donc, sans grande motivation, je regarde la liste des trails dans la région sur le site de courzyvite, et me rappelle que François m’avait parler du trail de la Valserine. Je commence à regarder le parcours, le reportage photo de la reconnaissance par Lucie Jasmin, je remarque qu'il y plus de montées que de descentes, un parcours valonné. Bellegarde, ça vent pas vraiment du rêve mais les rives de la Valserine ont quand même l’air assez sympa. J’attends le dernier moment pour me décider entre me reposer vraiment et aller faire ce petit trail. J’en parle à Nata, et la motive pour finalement se décider le samedi soir pour courir ensemble le lendemain. C'est pour ça que j'aime les courses sur lesquelles tu peux t'inscrire la veille ou le jour même, et pas 5 mois avant alors que tu sais pas du tout quelle sera ta forme le jour J.


Le départ est à 10h, c’est bien, ça me laisse le temps de dormir, enfin de ne pas mettre de réveil, et de me réveiller tranquillement vers 6h30, récupérer Nata, on décolle de Thonon à 8h, arrivée à Bellegarde vers 9h10. On ne se stresse pas pour autant, on retire les dossards, ils nous donnent le cadeau, Quesaco ? Un truc pour poser le téléphone portable, why not ! Le café est offert par la mairie avec des petits cookies, on est large alors on s’en prend un puis on se prépare gentillement, très tranquillement. J’aime bien quand je décide de courir avec Nata parce qu’il y a 0 stress, elle prend son temps et au final n’est jamais (trop) à la bourre. On hésite un peu sur la tenue, étant donné qu'il devait pleuvoir, mais que pour l'instant, il n'y a pas d'averse en approche, il y a même quelques rayons de soleil par çi par là. Finalement Nata décide de courir en tee-shirt, et moi je lui pique son joli kway Craft, que je mettrai finalement dans son (enfin mon que je lui ai prêté) camelback juste avant de partir. On se rassemble près du départ, un petit selfie "tête de con" pour inaugurer le moment et c’est parti.

 

petit café convivial avant la course Tous au départ

 

On part tranquille parce qu’on s’est pas du tout échauffées, ça tombe bien le parcours commence avec 4km relativement roulant en guise de gentil échauffement. On fait un petit tour dans Bellegarde en passant au bord de la rivière, c’est joli puis on remonte dans le centre ville pour se diriger rapidement vers le chemin au bord des pertes de la Valserine. On nous annonce déjà 7-8ème femme, c’est pas souvent que des gens nous indiquent le classement dès le début, et comme d'hab, ça me booste, le classement reste toujours dans un coin de mon cerveau. J’ai dis à Nata qu’aujourd’hui, je courrais avec elle mais que j’aimerais la faire monter sur le podium. Elle va se donner un peu plus que pendant sa gentille balade au Trail de Vesoul ! Mais je crois qu’elle est encore plus diesel que moi alors je respecte son rythme sur les premiers kilomètres, je ne voudrais pas la cramer, ma grande sœur. En plus le début du parcours est magnifique, au bord de la rivière, sur des petits chemins boisés aux couleurs automnales, avec les doux rayons du soleil.

 

Sur les bords de la Valserine

 

On traverse la Valserine sur des ponts en tout genre

 

On passe devant de jolies cascades et on arrive au barrage de Métral, alors petite pause selfie oblige. Et on reprend notre rythme. C’est du plat pendant un petit moment, et on aperçoit les 5 et 6ème devant. Je décide de prendre les commandes, passe devant Nata et lui impose un bon petit rythme sur le plat. Elle suit sans broncher donc tout va bien. On double ainsi les deux filles devant nous, et on garde en ligne de mire loin devant la 4ème en attaquant la première partie montante du parcours. Après ces 4km d'échauffement roulant, c'est parti pour la première montée: du 4ème au 8ème kilomètre.

  

 

Le barrage de Métral et ses jolies cascades Dans les petits chemins forestiers

 

On réduit peu à peu la distance avec la 4ème, elle a l’air d’avancer moins vite que nous en monter, on va prendre notre temps. On arrive à un premier ravito, au niveau du cimetière de Lancrans, et forcément avec Nata, on s’arrête. Elle boit un petit coup et on repart, en recollant la 4ème. Nata se sent bien, elle continue toujours de courir dans les montées, et on double donc cette fameuse fille un peu avant la fin de la montée. Puis on attaque la descente et là, comme une flèche, elle nous redouble à fond la caisse. Je me dis direct que celle-ci, elle n’aime pas se faire doubler et que ça va être la bataille pendant toute la course. Nata se sent bien donc elle déroule aussi dans la descente et on reste dans les baskets de la 4ème. C'était sans compter le 2ème ravito, à Confort (10km), au niveau du joli restaurant/bar : le TramBar. Le ravito est tenu par deux gentilles dames qui nous disent: "au moins vous vous arrêtez parce que les premières elles foncent direct". Ah oui je ne vous le fais pas dire, elles sont en train de prendre de l'avance pendant que Nata sirote son coca, et mange des tucs ! Je déteste attendre au ravito :-) alors je la bouge un peu pour ne pas s’arrêter trop longtemps et ne pas se laisser trop distancer par la 4ème.

 

 

premier ravito solide ! coca et Tuc Le TramBar

 

On repart sur un bon rythme, sur la partie plate, dans la campagne de l’Ain. On passe devant un champs avec de jolis chevaux (c’est Mon poney, dixit Nata, en espérant et attendant que papa et maman achètent un terrain pouvant acceuillir un joli cheval), puis on remonte sur une route en passant sur le célèbre pont des Pierres au dessus de la Valserine (12km). On se refait un petit selfie pour immortaliser le moment. Et on s'insère de nouveau sur les petits chemins forestiers.

 

Dans les campagnes de l'Ain Sur le pont des Pierres

 

On rattrape doucement la 4ème sur ces portions de faux plat montants et on la double de nouveau, après avoir jouer au jeu de "Je te double, tu me doubles". Maintenant il faut s’assurer qu’elle ne repassera pas devant à nouveau ! On reste sur principalement dans la forêt, il y a de jolis petits coins "contes de fées". On garde notre bon petit rythme, tellement bon que finalement toute seule, je n'irais pas forcément plus vite maintenant, les jambes commencent à fatiguer et je sais pas pourquoi, ces derniers temps, ça ne me tire pas dans les mollets ou dans les ischios mais dans les fessiers, c'est assez étrange quand sensations. On arrive au 3ème ravito (liquide), je peux enfin jeter le verre que j'avais coincé dans mon camelback et qui faisait un bruit d'enfer (je ne voulais pas que Nata le jette dans la nature), puis après une bref fenêtre sur la ville d'arrivée :Champfromier, et une jolie allée bordée de pins on se rentre de nouveau dans la forêt. 

 

 

Jolie allée de pins

 

Au 18ème kilomètre se trouve le dernier ravito, avant de redescendre sur les bords de la Volférine et d'attaquer la dernière (et non des moindres) montées. Nata s’est pris au jeu et ne s’arrête que quelques secondes pour piquer du chocolat mais pas plus, ce qui nous permet de conserver notre place. La montée est costaud et pique bien pour une fin de parcours, ça j'aime bien ! Je prends les devant, me mets juste devant Nata et impose un rythme constant et régulier, pas trop fort pour qu’elle tienne mais juste ce qu’il faut pour prendre un peu d’avance et doubler quelques mecs. Nata peine quand même dans cette dernière montée mais tient bon jusqu’en haut. On passe dans une mini-grotte c’est marrant, puis on voit le bout de cette "interminable" montée. On aperçoit le village d’arrivée : Champfromier, deux kilomètres plus bas dans la vallée. La pluie annoncée s'invite à la fête et se fait de plus en plus forte pour la fin de la course. Le chemin redescend puis rejoint une route, on descend sur un rythme moyen, puis on finit vraiment pépère dans le village. On arrive enfin au stade, au bout de 2h31min, accueillies par le micro de François Vanlaton. Il s’en est fallu de peu, notre fameuse 4ème (qui finalement est 6ème, vu que Nata et moi prenons les 4 et 5ème place) nous a bien rattrapée sur la fin, elle arrive seulement 20" après nous. François nous demande nos impressions, je suis muette comme une carpe (comme à chaque fois qu’il faut que je parle en public). La fille derrière nous, une chamoniarde, a trouvé le parcours trop roulant, les montées pas assez dures pour marcher et descentes pas assez techniques. Moi au contraire, j’ai adoré ce genre de parcours (quoique si les montées pouvaient être plus raides mais les descentes roulantes, ça m'arrangerait encore plus).

 

Sur le pont de la Volférine

Dernière descente sur Champfromier

 

Par contre avec la pluie qui s’abat et le fait de s’arrêter de courir, on a vite froid, donc on ne traine pas, on se ravitaille un petit coup et on récupère nos affaires pour se changer rapidement dans un coin de garage. (Il y a pas de douches, dommage, c'est quelque chose d'appréciable à cette saison) et on rejoint la salle des fêtes où aura lieu la remise des prix. On n'avait pas pris l’option pasta party (après une course, c'est un des seuls moments où je n'ai pas des masses envie de manger), mais Nata a vraiment envie de pâtes. On essaie de négocier avec les bénévoles pour avoir une assiette malgré le fait que nous n'ayons pas réserver (quitte à payer maintenant), mais c’est un non catégorique, alors que d’autres font mine, "ne savent pas si ils ont réservé" et on leur donne quand même une assiette… Hum ils doivent quand même bien savoir si ils ont coché la petite case pasta party ! Bref, au moins on est honnête mais on a le ventre vide. J’improvise, comme d'hab, j’emmène toujours du pain (maison en plus cette fois) après une course car on arrive souvent à trouver (ou gagner) quelques trucs à manger avec. Ça tombe bien, juste devant, c'est l'arrivée de la randonnée gourmande et il y a l'étape dessert avec des tartes aux pommes et un stand de fromage. J’en profite et leur achète un bout de bleu de Gex, on se pose au bar de la salle des fêtes où on achète un petit thé tout chaud et discute avec d’autres bénévoles. Nata râle encore son envie de pâtes alors les gentilles bénévoles nous sortent les restes des ravitos. Je me régale des petits pâtés en croute, et au final, ça nous fait un joli petit buffet. On se pose ensuite dans la salle pour assister à la remise des récompenses. François anime la salle avec ses anecdotes sur tous les podiums et on monte sur la boîte en temps que 2ème et 3ème senior. Il fait de la pub pour le Trail de l’île Rouge, merci François ! Par contre pour les récompenses, Nata reçoit un tee-shirt taille XL… pas très logique pour une senior femme. On finit la remise des prix, on est prêtes à partir puis on entend parler du tirage au sort. Il y a quelques lots à gagner alors on attend, quitte à attendre un peu, autant attendre jusqu'au bout, et quitte à ne pas pouvoir accrocher mon dossard sur mon mur des trails 2017 dans mes toilettes, ça serait bien qu'il soit tiré au sort. Pas de bol, on rate la nuit insolite dans le camping du coin. Après tout ça, (et une part de tarte aux pommes), on prend la navette qui nous redescend sur Bellegarde et on rentre à Thonon pour une nouvelle semaine !

joli repas improvisé

Articles de François Vanlaton

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