Madagascar... un pays, une île, tellement grande, tellement belle et tellement agréable.

À la fin du Trail de l'île Rouge 2015, on a dit à Gérard que s'il changeait de lieu, on reviendrait. Chose promise chose due, en 2017, les organisateurs (Gérard et Ghislaine d'Africa Trek and Run) et l'équipe logistique (Stéphane et Santatra de Mahay Expedition) ont décidé d'abandonner le parcours des Hautes-Terres et de l'Andriginta pour aller à la découverte du Grand Ouest. Le trailer est alléchant et prometteur: la rivière Tsirihibine, les tsingys et un finish sur l'allée des baobabs, comment se retenir de venir ?
Le trail est donc prévu les 2 premières semaines de juin, du 03 au 18. Maman, Nata et moi, on ressigne. On en discute devant notre autre sœur, Vanessa, et elle est un peu jalouse qu'on retourne à Madagascar sans elle. Mais elle a 3 enfants, elle, donc c'est plus compliqué. Grâce à la famille, aux amis et à quelques jours de congés posés par son copain Stéphane, elle arrive à négocier et part avec nous, en temps qu'accompagnatrice (marcheuse) car la course à pied c'est pas (encore ?! à l'heure où j'ai écris ces lignes, mais elle s'est lancée hier sur son premier trail de 9km, Félicitation !!) son truc.

Trois en 2015, quatre en 2017, attention, en 2019, on ramène Papa !

Après 15 jours de vacances à Mayotte début mai, Nata reste là-bas et nous rejoindra à Tananarive avec Maman. Vaness et moi, on monte à Paris-Charles de Gaulle le vendredi soir, on s'improvise une fin de nuit dans les couloirs de l'aéroport en mode squat et on retrouve le groupe du Trail de l'île Rouge 2017 le samedi vers 8h00 après un petit dej' donut du Starbucks et un avocat (fallait bien vider le frigo avant de partir...). Il y a pas mal d'anciens de 2014, 2015 et 2016, comme quoi, quand les gens sont contents, ils en redemandent !
C'est toujours un peu long à l'aéroport, le temps de déposer les bagages, et d'attendre que le bagage abandonné soit détruit, on embarque un peu à la bourre. Décollage imminent à 12h00 et c'est parti pour 11h de vol. Vu qu'on a pas beaucoup dormi la nuit dernière, on essaie de dormir, mais c'est pas tant une réussite. J'enchaîne les films dans l'avion (Tous en scène : dessin animé sympa, Imitation Game : film sur Alan Turing, le père des ordinateurs, qui a décrypté la machine Enigma pendant la guerre : j'adore son histoire, en plus c'était un coureur aussi, et je finis avec Budhia Singh born to run, un gosse de 5 ans qui enchaînent les marathons, c'est beau mais ça pose quand même des questions sur la santé du gosse...) et on arrive enfin à Tana vers 22:30. Tout le monde est fatigué, on passe le guichet pour les visas, le guichet pour les passeports, on récupère les bagages et là les nerfs craquent. Je suis claquée et j'ai peur. Ma cheville m'a refait un coup de folie après l'Allingeoise : impossible de marcher pendant 1 semaine, cela fait donc 2 semaines que je suis au repos total, et j'ai bien peur de ne pas pouvoir courir mon trail fétiche de Mada. D'autant plus que mon ostéo me conseille de changer de sport si ma cheville continue à m'embêter tous les deux mois. Bref, à chaque fois que j'imagine discuter avec Gérard et dire que je ne pourrai sûrement pas courir, ça me fait fondre en larmes. Les 3h de sommeil en 48h n'aident pas.

On rejoint l'hôtel Grégoire à Tananarive en bus, je chiale comme une madeleine tout le long, et Vaness essaie de me réconforter mais il n'y a pas grand chose à faire, à part dormir et attendre lundi le début de la course. Gérard nous fait son speech d'arrivée, c'est reparti je refonds en larmes. On rejoint finalement Nata et Maman dans la chambre familiale : une bonne nuit de sommeil va faire du bien, même si elle sera relativement courte.

Le réveil sonne le lendemain matin à 6h15, je profite de la douche pour me laver un dernier coup les cheveux, on range un peu les affaires et on prend le petit déjeuner sur la terrasse de l'hôtel avant d'aller faire un petit tour au marché du quartier. On achète des petits gâteaux malgaches : mofogasy, d'autres au soja, Nata achète aussi un stock d'orange et de goyave. On déambule entre les étals du marché, entre les fruits, les légumes, les mecs qui se baladent avec des poules dans leur sac en bandoulière et les cacahuètes mesurées avec les capok (la mesure locale: une boîte de lait concentré sucré), ça donne un avant goût de l'aventure qui nous attend ! Bref, on ne traîne pas trop non plus parce qu'il faut qu'on décolle de l'hôtel vers 8h30.

Petit dèj à l'hotel Grégoire avant d'arpenter le marché du coin

Les malgaches, toujours aussi beaux

Au programme de la journée, environ 200 kilomètres pour rejoindre le village de Betafo, à une vingtaine de kilomètres d'Antsirabe, dans les Hautes-Terres, où le pasteur Josefa accueille depuis 4 ans l'équipe du Trail de l'Ile Rouge sur ses terres. Pendant les 4h de mini-bus, Santatra nous raconte Madagascar... On quitte Tana, avec le palais de la Reine perché sur sa colline, il y a toujours plein de monde le long des routes, qui nous font des sourires et des coucous quand on s'arrête. On quitte la ville et ses 12 collines pour la brousse, avec les briques en train de cuire: c'est la saison des briques ! Santatra continue ses anectodes sur Madagascar, le prix de la vanille qui s'élève en ce moment à 1 million d'ariarys le kilo bien que tu puisses aussi en trouver moins cher mais surement pourrie à l'intérieur, nous dis que les gens sont tellement pauvres qu'ils vont dans les parcs nationaux couper les arbres pour faire du charbon de bois... On passe par Benhenjy, ville célèbre pour son foie gras, puis par Ambatolampy, ville de l'aluminium avec ses nombreuses fonderies, pour arriver à Antsirabe, ville d'eau, ville la plus froide de Madagascar. On parle de nous dans le journal de Mada, avec une page entière consacrée au Trail de l'île Rouge, avec "les deux soeurs Götz, dont Lou, qui est une incontournable passionnée et dont les Alpes sont son terrain de jeu".

On quitte Antananarivo

Toutes les quatres sur les briques

On parle de nous dans le journal !

Mada et ses rizières simplement magnifiques Rizières et briques

À 13:45, on arrive finalement à Betafo, ça fait bizarre de revenir ici, les souvenirs remontent, c'est agréable, on a l'impression de rêver. On est accueillis par les locaux qui nous ont préparé le repas : du zébu avec du riz, ultra bon ! Les tentes sont montées, on fait le bilan médical avec doc Thierry et on a la fin d'aprèm de libre. On discute avec les villageois, les petits nous demandent nos prénoms, et ils chantent la chanson sur Natacha, ça les fait bien rire. On discute aussi entre nous, et avec Fifaliana, une malgache d'Antsirabe, invitée sur le trail de l'île Rouge, sponsorisée par la BAO, la bank of Africa. Elle a couru l'UTOP en relai le mois dernier, ça met un peu la pression côté concurrence. On se balade autour du lac de Betafo et on achète des cacahuètes caramélisées, c'est simple mais tellement bon. Le soleil se couche rapidement vers 17h45, on remet le survet' et un petit pull car il fait pas très chaud à 1400m et les moustiques sont aux aguets. L'apéro est servi, je commence à fatiguer et le moral retombe, les questions recommencent à fuser dans mon cerveau, mais je me reprends et au lieu de faire mon asocial je commence à discuter un peu avec les autres coureurs, on fait connaissance autour d'un rhum arrangé aux agrumes, des cacahuètes et des samoussas délicieux. Le repas continue avec une excellente soupe et encore du zébu à tomber, merci la cuisinière ! On ne s'attarde pas, la fatigue du voyage est encore présente et demain la course commence. Je dors avec Nata (et son énorme valise) dans la tente et on s'endort autour des 20h. Petit bonheur de la nuit: un réveil à 3h du mat' pour une pause pipi me révèle un magnifique ciel étoilé ! 

Le QG du trail de l'ile Rouge à Betafo 

c'est parti pour 2 semaines de zébu et de riz

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Le lac de Betafo Le lac de Betafo