M comme Mai et comme Mayotte

Les vacances tant attendues depuis le début de l'année, et une quatrième envolée vers Mayotte, 101ème département français, magnifique petite île de l'océan Indien coincée entre le Mozambique et Madagascar, dans les archipels des Comores. Mes parents sont installés là-bas depuis 3 ans, et repartent en fin d'année scolaire donc ça sera la dernière escapade à Mayotte.

Bien que ça ne soit pas une destination très touristique, quand on a ses parents sur place, il y a beaucoup de choses à faire, et on ne se lasse pas de se réveiller au son du muezzin au lever du jour, de sortir en bateau pendant que papa pêche des mérous et des carangues à la traine, en scrutant l'horizon pour essayer d'apercevoir des tortues, dauphins, baleines ou raies manta. Puis se poser sur des ilots de sable blanc et dormir sur la plage. Se faire un bivouac sur l'ilot M'tsamboro pour dormir dehors et observer un superbe plafond d'étoiles avec en fond sonore le bruit des vagues qui s'échouent.

Mayotte ça parait paradisiaque comme le montre l'émission "Echappées Belles" passée il y a quelques jours sur France 5, mais il ne faut pas aussi oublier que tout n'est pas rose. Pour commencer par des choses énervantes mais pas très grave dans le fond, on peut citer les bouchons pour aller à Mamoudzou (la préfecture) pour faire les courses pour la semaine, devoir aller dans 3 supermarchés différents et au final ne pas trouver de lait demi-écrémé ni d'oeufs, ou acheter des gateaux déja périmés ou moisi sans faire exprès. Ensuite, on peut également parler des problèmes écologiques, la 'civilisation' qui s'est installée bien trop vite dans cette île. Avant, les gens avaient l'habitude de consommer des fruits, légumes et poissons, il leur était donc naturel de jeter les restes par terre, mais quand il s'agit de papiers de gâteaux, de canettes de soda ou de bières, ils n'ont pas le réflexe de les jeter à la poubelle mais plutôt de les balancer naturellement par la fenêtre de la voiture sans se poser de question. L'alimentation aussi est un problème, à la sortie du collège, 9 jeunes sur 10 se baladent avec les glaces type 'Yeti', ou ne boivent que des sodas (vive le diabète et les caries). Et last but not least (comme on dirait en anglais), le problème de l'immigration.

Pour la petite histoire, Mayotte fait partie de l'archipel des Comores, composé de 4 îles, toutes colonies françaises. Au moment de donner l'indépendance aux Comores, les français ont demandé aux habitants s'ils souhaitaient rester français ou devenir indépendant. Mayotte, la plus pauvre des 4 îles, a décidé de rester française, alors que les 3 autres ont refusées. Et par ce changement, parmi les 4 iles de l'archipel, Mayotte est maintenant la plus riche.

C'est pourquoi les habitants d'Anjouan, située à 40km de Mayotte, essayent d'y venir pour bénéficier du niveau de vie français: beaucoup de femmes enceintes viennent à Mayotte pour accoucher (première maternité d'Europe !), quand le bébé nait, il est français et la mère est souvent renvoyée à Anjouan et le bébé confié à un oncle ou une tante qui habite à Mayotte. Et beaucoup d'enfants grandissent comme ça dans les bidonvilles autour de Mamoudzou, sans repères, sans vraiment de famille, sans argent. Il parait que 50% de la population à Mayotte est composé de clandestins. Mais ça on n'en entend pas parler en métropole. C'est aussi pour cette raison que les partis de la droite et du front national récoltent autant de voix. Et pour finir, vu qu'il y a beaucoup de pauvreté, certains jeunes n'ont pas vraiment d'autres solutions que d'agresser et racketer les gens (c'est comme ça que mes parents, un jour, ont pu finir leur footing en mode barefoot and ultra-light, délester de leurs baskets, camelback et montre après un footing dans la forêt).

Ilot M'tsamboro, protégé et pourtant...

Bref voilà un petit résumé de ce petit bout d'ile française perdue dans l'Océan Indien, et sur lequel j'ai passé deux semaines, au collège de M'tsamboro, chez Papa-Maman (pas facile tous les jours ;-) ) ! Tout ça pour introduire les 6 randos ou footings effectués à Mayotte pendant ces 15 jours de vacances, qui j'espère vous feront partager ma vision de Mayotte.

 

Mercredi 03 mai 2017 : footing dans la Malavoune de M'tsamboro

C'est un des tours de base de papa/maman avec le tour des 4 plages de M'tsamboro.

A Mayotte, il n'y a pas vraiment de grandes villes. C'est plutot une multitude de villages, plus ou moins grand (environ 3000 habitants en moyenne). Et autour de chacun des villages ont été aménagé des zones de culture, d'exploitation : les villageois ont leurs terres sur lesquels ils plantent différents produits: bananiers, manioc, ylang-ylang, cocotiers. Ils appelent ça la malavoune (la campagne), et dans les traditions, toute la famille aide aux champs, les vacances et les week-ends pour cultiver la terre. (mais ça se perd un peu maintenant). Bref, tout ça pour dire que au dessus de M'tsamboro, il y a la malavoune dans laquelle mes parents se sont concoctés un joli petit parcours vallonné de 9km, 180m+. Il faut prendre une route qui monte au centre de M'tsamboro, la suivre pendant 1km environ pour arriver dans un cul de sac où tu peux garer ta voiture. Il y a un magnifique point de vue sur les îlots Choizil le long de la route, on s'arrête pratiquement à tous les coups pour prendre de jolies photos. Une fois garé, il ne faut pas trop s'attarder, on est dans les sous-bois, et dès que tu t'arrêtes, t'es sure de servir de repas aux moustiques. Donc c'est parti sur le petit chemin à gauche pour commencer. C'est très vallonnée, plein de petites montées et petites descentes, parfois un petit ruisseau à traverser, on ne s'ennuie pas. On passe devant les plantations d'ylang-ylang, et le fameux endroit où on fait une photo, assises sur la branche d'Ylang, on fourre le nez dans une fleur au passage, hum ça sent bon ! On continue, toujours sur les petits chemins dans le sous-bois jusqu'au moment où on rejoint une piste ensoleillée menant à la retenue d'eau : un genre de lac qui permet de stocker l'eau de pluie tombée pendant la saison des pluies (de janvier à mars). papa et Nata s'arrête pour cueillir des oranges mais on ne s'attarde pas et on ne reste pas longtemps en plein soleil. Le chemin retourne dans le sous-bois et on regarde aux alentours pour chercher des haricots géants, (ça fait de la jolie déco), mais apparement ils ont déja tous été ramassé. On repère un arbre à pain avec un fruit à pain qui a l'air mur, je demande à papa de le couper et on repart avec !

Hum le fruit à pain c'est un fruit génial. ça pousse sur de beaux grands arbres, d'une taille entre le melon et la pastèque et ça a un gout de pomme de terre chataigné. On peut le cuisiner de pleins de façons différentes : mes préférées, c'est les frites de fruits à pain (coupé en forme patatoes et frits) ou alors le transformer en gateau (bouilli puis réduit en purée, avec de l'oeuf, sucre, zestes et jus de citron, rhum et vanille).

arbre et fruits à pain

On repart tranquillement, on arrive au niveau du faré (genre de petit abri) qui annonce bientôt la fin du tour. Au lieu de rester sur la piste, on coupe par un petit chemin sur la gauche et on longe une plantation de vanille (ça ressemble vraiment à des haricots verts quand c'est pas mûr !). A la fin du chemin, on retombe sur le "parking" avec la voiture. Avant de rentrer, on prend un autre petit chemin sur environ 500m, on passe devant un autre champs d'ylang pour rejoindre un joli citronnier et faire le plein de citrons. Hum un bon jus de citron quand il fait 30°C, rien de mieux !

PS: Je n'ai pas trop de photos de cette année car on évite d'emporter les téléphones ou objets de valeurs pendant les footings, et l'appareil photo de Nata avait la carte mémoire pleine... mais pour compenser, j'ai pris des photos des précédents voyages.

point de vue sur les ilots Choizil

avec papa l'ylang à photo

en famille devant les ylang-ylang

Fleur d'ylang

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Vendredi 05 mai 2017 : Ascension du Mont Choungi

On pourrait croire que le Choungi est le sommet le plus haut de Mayotte quand on l'aperçoit de loin avec sa forme étrange, mais il ne faut pas oublier le mont Bénara qui le dépasse d'une petite centaine de mètres. Cependant le Choungi reste quand même le sommet le plus visité de Mayotte, accessible en seulement 45 minutes de marche, et avec une vue à 360° sur Mayotte (quand il y a pas de nuages !). Le chemin pour y monter n'est pas réputé pour être le plus sécurisé donc ma mère n'a jamais trop voulu qu'on y aille qu'entre filles, elle préfére qu'il y ait au moins papa et d'autres hommes, et des mahorais en plus si possible. C'est pour ça que je suis déja venu 3 fois à Mayotte, mais n'ai jamais été en haut du Choungi. Cette fois, c'est la dernière, je veux monter au Choungi avant de quitter Mayotte. Maman propose donc à un de ses amis coureur mahorais, Alain, de nous accompagner. Un petit point négatif du Choungi quand on habite à M'tsamboro c'est que c'est loin : environ 1h30 de voiture sur les routes mahoraises: l'horreur. Un point positif pour compenser tout ça, c'est que c'est tout près de la plage N'Gouja, repère des tortues, dès que tu te baignes, tu es sure d'en aperçevoir une bonne dizaine, et elle ne sont pas farouche. Bref, comme d'hab, on met longtemps à se préparer, on part de chez nous vers 8h30, le temps de faire la route, avec un détour car la route directe est barrée, avec un arrêt au bord de la route pour faire pipi, un autre pour acheter des fruits et légumes aux bouenis, un autre pour acheter des sandwichs pour après la rando, on est pas rendu ! On y arrive enfin et on commence la balade à 11h. Ca commence dans la forêt pendant 500m, puis le chemin se met doucement à monter. Il y a une pancarte qui explique plein de trucs, on commence à la lire, mais c'est l'erreur de débutant à ne pas faire à Mayotte, la pancarte, c'est le MacDo des moustiques. C'est bien, ça force à ne pas s'arrêter ! On continue donc et le chemin devient de plus en plus pentu, à tel point qu'il faut s'aider des mains, se tenir aux pierres et aux racines qui dépassent (tout en faisant attention à où on pose les mains pour ne pas se faire piquer par une scolopendre). Mais ce n'est pas très long et au bout de 40min, on entre dans les nuages et on atteind le sommet du Choungi après 1,5km et 250m+. Et pas de bol, purée de pois ! Il y a un peu de vent et beaucoup de nuages qui nous cachent la vue. On fait quand même une pause sur le gros rocher posé en haut et on attend un peu que la brume passe. On aperçoit des bouts de Mayotte, Petite Terre et la passe en S d'un coté, la barrière de corail au Sud. Tout n'est pas obstrué non plus, on arrive à profiter de la jolie vue malgré un début de pluie. On commence même à avoir un peu froid alors on ne s'attarde pas et on attaque la descente, plus compliquée que la montée, et vraiment galère si jamais il pleut ou il a plu récemment. Mais aujourd'hui ça allait. On redescend donc tranquillement (on met plus de temps qu'à la montée) et on finit notre balade vers 12h30. Ca tombe bien, on commence à avoir faim. Direction la plage de N'Gouja, on se pose à l'ombre d'un cocotier sans coco (ne jamais se mettre sous les cocotiers avec des noix de coco, si jamais elles tombent, ça peut vous assommer !). On mange nos bons petits sandwichs et on se fait une bonne sieste au soleil avant d'aller nager avec les tortues. Elle est pas belle la vie ?

Montée bien pentue

DSC09097 Nizar, Nata, maman, Alain et moi !

Vue sur un village mahorais

Panorama du Choungi

N'Gouja tout simplement

DSC_6617

étoile de mer les tortues de N'Gouja

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 parcours topo

 

Dimanche 07 mai 2017 : les Marches d'Acoua

Ca continue avec la rando-footing aux Marches d'Acoua : Jour d'élection mais aussi jour de footing en famille avec papa, maman, Nata et Benjamin !

Après un réveil tranquillou, on prépare une salade de fruit à pain, mérou, tomates et roquette, on charge les affaires de PMT et de plage dans la voiture et on se gare à coté du stade de foot de M'tsangadoua, départ du chemin pour aller sur la plage de M'Tsanga Fanu. Mais avant la plage, on a prévu de faire la balade que ma mère organise avec les naturalistes de Mayotte et de monter aux marches d'Acoua. On est en tenu et on est équipé, papa a le chumbo dans le sac au cas où on fasse une mauvaise rencontre, ça peut dissuader mais ça peut aussi se retourner contre toi... J'emmène quand même ma montre et mon téléphone, à mes risques et périls, pour immortaliser le moment.

On remonte donc dans le village et on rejoint un des arrêts de bus pour monter derrière les habitations, dans la malavoune, au milieu des plantations de bananes et de manioc. Maman mène la troupe au départ puis réalise qu'elle est partie un peu vite, donc je reste avec elle derrière les autres. On monte de 200m de dénivelé en 1,5km et étant donné que c'est une rando-footing, on fait la montée en marchant et en admirant la végétation. On s'arrête sur le replat avec une jolie vue sur les îlots Choizil et M'tsamboro, sur M'tsangadoua et M'tsamboro. On dégouline de transpiration, la température actuelle est de 32°C, et le taux d'humidité est plus qu'élévé. On cueille des oranges sur un arbre, on repère si on voit pas un avocatier (ils sont bons les avocats de Mayotte), on trottine sur le plat et on attaque les fameuses marches d'Acoua. Dur dur, je suis derrière papa, il avance pas et Nata prend de l'avance ! Je le double mais je n'arrive pas à me faire violence pour la rattrapper, tant pis, je prends des photos ! On arrive en haut, avec la superbe antenne et la vue banale ;-) (ou l'inverse !). Magnifique vue sur l'Océan, la barrière de corail, les îlots de sable blanc découverts car c'est marée basse, les îlots, les villages et la forêt. C'est tout simplement beau. Il y a même un peu d'air, ce qui nous permet d'admirer la vue sans cramer. On mange notre ravito "oranges cueillies" sous peu et on redescend les marches pour continuer le parcours, tout en essayant de pas faire trop de bruits et de ne pas s'arrêter au carrefour, coin qui peut être un peu craignos où des jeunes mal intentionnés pourraient surgir, c'est triste mais c'est la réalité. Le terrain est un peu boueux et assez pentu alors on marche en faisant attention, au rythme des tamtams des habitants du coin. On descend d'environ 300m en 2km et on rejoint le village d'Acoua. On le traverse en gambadant dans les ruelles, en descendant les escaliers, en disant bonjour aux habitants. On descend jusqu'au bord de mer, rejoignant le stade de foot, on rencontre l'équipe d'Handrema qui reconnaissent papa "Bonjour Monsieur Götz !", on discute un peu avec eux. A coté, un groupe d'ancien sur une table publique sous les badamiers jouent au Scrabble. On longe la plage et on voit des petits enfants sur une pirogue, avec la mer en fond, c'est super joli mais on évite de trop prendre les gosses en photo sans l'accord des parents...

On s'infiltre sur un petit chemin dans le prolongement du stade, derrière une petite baraque et on rejoint un chemin carrossable sur lequel il y a quelques habitations et la nécropole aux perles datant du 12ème siècle (on ne sait pas trop si c'est des tombes musulmanes ou non, ça pose pas mal de questions. Il y a actuellement des fouilles archéologiques). Puis on suit le chemin, qui continue, parallèle à la falaise. Le chemin est plat mais assez mal débrousaillé donc on avance au ralenti et on se fait griffer les cuisses par les herbes, c'est pas très agréable. On passe devant une plantation de curcuma, des manguiers, des bananiers et des cocotiers. La vue sur l'océan est magnifique.

On arrive au croisement du manguier où le chemin pour retourner au parking de M'tsangadoua (où est garée la voiture) croise celui pour aller à la plage de M'Tsanga Fanu. Maman et Nata descendent à la plage pour réserver les places à l'ombre, car on dirait qu'il y a du monde, pendant que papa, Benjamin et moi allons chercher le pique-nique et les affaires de plage. On descend à Fanu, une des plus jolies plages de Mayotte : du sable fin, quelques arbres pour de l'ombre et un tombant à tomber ! (des coraux magnifiques, variés et de toutes les couleurs)

 Montée dans la malavoune, vue sur l'océan en haut, les marches d'Acoua

IMG_4160 A la recherche de l'avocatier

Les marches sont montées ! ravito orange avec vue magnifique

En haut des marches

Les Orchidées, bon petit resto à Acoua dans les ruelles d'Acoua

dans les ruelles d'Acoua sur le pont d'Acoua, la rivière jonchée de déchets

magnifique Courage courage comme disent les bouenis

Curcuma fruits de la passion

nécropole aux perles Vue sur le lagon

Bref, on se baigne un petit coup pour se rafraichir et on attaque le repas bien mérité : une salade composée de fruit à pain, mérou (fraichement pêché et cuisiné par papa) et quelques crudités, suivi par un petit café accompagné du gateau de fruit à pain. (une tuerie !) Une petite sieste au soleil, les pieds dans l'eau pour ne pas cramer, puis une bonne session PMT à admirer les coraux et les poissons. On enchaine les apnées, les pause pour prendre des photos bizarres. On s'amuse à descendre en canard et remonter les pieds en premier en admirant le paysage, c'est agréable. Et on enchaine sieste sur la plage et baignade. Que c'est agréable les vacances, on ne pense à rien, on ne pense pas aux courses à venir, aux entrainements, aux courses à faire pour la semaine, au repas à préparer, au boulot, au bateau, à quoi mettre comme fringue le lendemain. On se pose sur la plage ou dans l'eau avec les petits poissons et on ne fait rien !

corail de M'tsanga Fanu les fonds de M'tsanga Fanu

Poisson papillon de Meyer joli bénitier

les coraux mahorais

après l'effort, le réconfort et la bronzette M'tsanga Fanu

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Mardi 09 mai  : Footing matinal sur les 4 plages de M'tsamboro

Le petit footing de base, que j'ai le droit de faire toute seule et qui ne nécéssite pas de prendre la voiture. Généralement je le fais à jeûn avant le déjeuner car je me lève relativement tôt (entre 6h et 7h) et qu'il fait plus frais. Mais aujourd'hui, je la fais avec maman, Nata et Ben donc le temps que tout le monde se lève, déjeune un bon coup (car ils aiment pas courir à jeûn) et on y va ensuite vers 10h quand il fait bien chaud !

Ca commence par une bonne descente jusqu'à la plage d'Hamjago, là où est amarré le bateau de papa, on la traverse et on rentre dans le village, on remonte et récupère la route principale que l'on suit jusqu'à la plage de Jiva, (la plage sur laquelle Dany, une copine à maman organise la gym le lundi et le vendredi soir : au programme, petit footing sur la plage, gainage, fessiers, abdos, parfois escaliers, le tout avec un soleil se couchant sur la mer). Bref on traverse la plage de Jiva pour récupérer un petit chemin boisé de 50m qui permet de rejoindre la plage de M'tsamboro. On la suit jusqu'à la mosquée et on replonge dans le village, en passant devant le regard dubitatif du capitaine haddock. On passe devant la gendarmerie et on quitte le village par la route principale jusqu'à un petit chemin qui descend à la 4ème plage (je sais plus son nom, maman?), avec une super jolie vue avec les cocotiers, l'océan et les îlots. Il y a quelques petites habitations sur cette plage, c'est joli, tout fleuri, je l'aime bien. On traverse la plage et on remonte dans M'tsamboro par des escaliers de plus en plus tordus qui font monter le cardio ! On reste sur la route principale, prends le "contournement" de M'tsamboro par le haut, la route vallonne, ça monte, ça descend, et il commence à faire très chaud. On s'amuse à faire des accélérations, mais on est quand même ultra lourd. On repasse près de Jiva(j'accelère et fais la mini-descente-montée de la plage) et retourne dans Hamjago, sur la route principale, en passant devant le Bonito (un des restos/bar du village) et après une dernière montée, on arrive au collège, après 7.8km, 220m+ et une petite heure. Au final, petite matinée tranquillou, avec un bon petit tartare de carangue le midi pour reprendre des forces !

plage de M'tsamboro sous la surveillance du capitaine Haddock

descente à la plage Faré avec vue sur les ilots

footing sur la plage

M'tsamboro Tartare bien mérité

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Mercredi 10 mai : Ascension du mont Bénara avec l'AS du collège

Après le petit footing de mise en jambe mardi, on décide d'accompagner l'AS randonnée du collège pour faire la montée au mont Bénara, point culminant de Mayotte, du haut de ses 660m. Étant encadrés par les profs de sport, j'ai confiance et ne jette même pas un œil sur les cartes ign ou autre. Mais en fait le prof n'a pas fait de sortie de reconnaissance avant et on part donc un peu à l'aveuglette, après avoir appelé un mec de la commune pour savoir le chemin. On est en petit comité car l'AS danse a une représentation donc presque toutes les filles de l'AS rando sont à la danse. Au final, le groupe comporte une fille et 6 garçons de 5ème. Généralement la rando au Bénara se fait à partir de Bandrélé ou Tsaranano et dure 6h mais là, le prof décide de partir d'Hajangoua pour avoir une rando un peu plus courte. On cherche donc la mosquée du vendredi car il paraît que le chemin passe derrière. Au final on tourne une bonne demi heure dans le village en demandant aux gens et une jeune bouenis nous guide sur le chemin. Il fait super lourd et chaud, je regrette de ne pas avoir pris mon petit éventail, alors la fille du groupe m'entend et nous concocte un petit éventail avec ses feuilles A4 petit carreaux de son sac, merci Imra ! On suit une piste carrossable et on rencontre un groupe de 3 travailleurs à qui on demande de nouveau le chemin. Un des mecs s'arrête de travailler et prend la tête du groupe pour nous mener sur des petits sentiers pas très défini. On finit par arriver sur une clairière avec plusieurs zébus avant de franchir un petit ruisseau et de s'enfoncer dans un sous-bois. La végétation est jolie, il paraît que c'est encore la forêt primaire, ou rien n'a été rasé ou brûlé pour y mettre des plantations de bananes, manioc ou autre, ça change. On est contente d'avoir enfiler le pantalon même s'il fait super chaud, au moins les feuilles et les moustiques n'abiment pas la carrosserie. On continue jusqu'à rejoindre le sentier du GR. Le chemin monte de plus en plus pour atteindre un sommet. Confiante dans le prof de sport, il nous dit que c'est le Bénara alors on ne se pose même pas la question. Il n'y a presque pas de vue, à part une petite fenêtre sur le Choungi, on prend quelques photos et on fait notre pique-nique. A 12h, on fait demi-tour pour redescendre et juste avant les zébus (après un ruisseau, au coin d'un agrumier), on prend un autre chemin que le mec nous avait indiqué. On traverse donc la jolie malavoune qui surplombe Hajangoua, beaucoup de bananiers, de champs d'ylang avec les parfums qui vont avec, des courges. On passe devant un joli jardin barricadé par une barrière en bambou, c'est très joli. Et on retombe sur le petit chemin derrière la mosquée du vendredi que l'on a pris à l'aller. La fille n'avait rien mangé au pique-nique, elle s'arrête donc acheter quelques cochonneries/sucreries à l'épicerie du coin et on rentre en mini bus à M'tsamboro. Après avoir regarder la trace GPS de ma montre, j'ai un énorme doute sur le sommet atteint pendant la balade, on dirait que le mont Bénara est plus loin et qu'on s'est plutôt arrêter sur le mont Bepilipili. Un peu déçue donc de n'avoir pas été au sommet de mayotte, et un peu énervée envers ce prof de sport qui aurait pu faire la reconnaissance du parcours avant et regarder la carte ign et ne pas confondre le Bénara avec le Bepilipili. Enfin ce n'est pas très grave non plus. On rentre à la maison en même temps que papa et maman. Maman part courir à Dzoumogné et papa va à la pêche. Nata et Ben préfèrent se poser et goûter tranquille mais j'ai envie de me baigner après avoir transpirer toute la journée alors je prends rapidement mes affaires et on part en mer avec papa. Un petit plouf du côté de Choizil et un peu de pêche à la traîne pendant que je médite sur l'avant du bateau en regardant la mer. 

à la sortie d'Hajangoua les collégiens de l'AS

clairière aux zébus forêt primaire

Fenêtre sur le Choungi 

petites baies bleues le carrefour à l'agrumier

la forêt primaire belle courge

les tomates joli panier home made !

beau jardin

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Samedi 13 mai : Randonnée sur le Diazi Bolé

Depuis le début des vacances, les petites crêtes au dessus de M'Tsahara et Hamjago et le sommet : le Dziani Bolé, me démangent. Mais il y a tellement de choses à faire à Mayotte qu'on ne se le programme pas vraiment. Pour l'avant dernier jour, il y avait beaucoup de possibilités : aller courir au Dziani, refaire une plongée, participer au Méchoui de l'amical du collège, faire une sortie bateau en famille, aller voir Mokobe à Trevani (trop cool...) ou un concert de reggae à Dzoumogné avec Nafion et préparer les valises. Bref trop de possibilités, il faut faire des choix ! J'ai les oreilles un peu perturbées donc je fais une croix sur une dernière plongée (d'autant plus que j'aime tellement ça que ça m'attriste quand je sais que c'est la dernière...!) et on décide d'aller au Dziani en rando avec le collègue de maman, Samuel, qui marche avec sa femme tous les samedi matins. Ils nous guideront sur le chemin du Dziani Bolé. Départ à 7:30 du même endroit que le footing dans la malavoune, sur les hauts de M'tsamboro. On repasse dans le petit chemin de la vanille, on passe devant le faré et on emprunte un petit chemin, mixe de forêt et de chemin découvert. Il y a tellement de petits chemins par çi par là que je ne me rappelle plus lesquels il faut prendre. En tout cas, le collègue de maman ne rigole pas, ça marche d'un bon pas, environ 5km/h en moyenne sur du plat. À peine le temps de prendre une petite photo ou faire une pause pipi, il faut les rattraper en courant, mais au moins c'est rythmé ! Maman nous montre ce qu'est un pandanus (avec notre humour de Götz, on se marre avec Nata !), on traverse des champs d'ylang et on passe sur un padza (zone de terre rouge où plus rien de pousse), maman me racconte qu'un jour où ils l'ont fait, il pleuvait des trombes et c'était un mini ruisseau au milieu du chemin, ultra glissant ! On arrive à un joli coin dégagé avec la vue sur le port de Longoni au loin. Quand tu prends la voiture, tu as l'impression que Mayotte est immense, tellement ça prend du temps de faire 10km, avec tous les virages, montées descentes, les mahorais qui n'avancent pas. Mais quand tu regardes d'en haut, tu te rends compte que c'est vraiment pas grand ! On se ravitaille avec quelques goyaves et on reprend le chemin qui monte de plus en plus, avec des parties au soleil, ça tape déjà bien qu'il ne soit pas encore 9h !
On grimpe et on arrive à une jonction où sont accrochées 2 petites balançoires, ni une ni deux, Nata et moi on s'installe et on se balance. En plus moi j'ai la vue sur le lagon, le top !
À partir de la, on rejoint le chemin emprunté par le mahoraid (trail de 70km qui traverse Mayotte du nord au sud, d'habitude en mai, je voulais l'essayer, mais elle a été repoussée en août... un jour peut-être !)
Une dernière montée dans la brousse et on finit par arriver sur le Dziani Bolé, qui domine les villages de M'tsamboro, M'tsahara et Hamjago, avec le collège entre les deux. Quel bel emplacement pour ce collège, nommée plus beau collège d'Europe (haha la blague). Et la vue sur l'îlot M'tsamboro et les îlots Choizil, tout juste magnifique. On prend quelques photos, papa prend son collège en photo, Samuel le chambre en disant que dans sa future maison, il y aura toutes les photos de ses établissements (chiche !). On boit un petit coup et on attaque la descente, dans la broussaille pour commencer puis dans la forêt. La descente est bien pentue, et on retombe dans les champs de banane et d'ylang. Maman nous montre aussi un giroflier (qui donne des clous de girofle). On continue sur un chemin plus ou moins roulant et plat, en trottinant à moitié car Samuel a encore augmenté la cadence et sa femme court devant ! On croise aussi un mini zébu tout neuf, tout joli ! Et Nata trouve une noix de coco germée qui est censé contenir un genre de crème de coco, elle se l'est trimballé pendant 3km mais malheureusement en l'ouvrant, c'était de la crème de coco à moitié pourrie et marron, pas d'bol !

On finit donc le dernier kilomètre en footing pour retomber sur le parking avec la voiture après une belle rando de 9km, 450m+ en 2:30. Top, il est à peine 10h, on a encore plein de temps pour se concocter un bon tartare de carangue pour midi, et de sortir en mer l'après-midi avec papa à la recherche des raies manta. On laisse tomber les concerts au profit d'un dernier gâteau de fruit à pain (on est en pénurie d'œufs depuis le début de la semaine, mais Dédé nous a dépanné et donner une boite de 6, Merci !) et d'un apéro avec les voisins. On finit par un petit lapin prépare avec amour par maman et gourmands comme on est, une banane flambée au rhum avec de la glace à la vanille avant de préparer les valises, toutes les bonnes choses ont une fin !
On décolle dimanche soir de mayotte, mais on a encore toute une bonne matinée pour profiter du lagon mahorais avec un petit déjeuner sur l'îlot Choizil, un petit passage sur l'îlot de sable blanc, découvert à marée basse et un petit moment privilégié en tête à tête avec les poissons et tortue du lagon, le temps de leur dire au revoir et peut-être à une prochaine !

Sur les Ylang il faut se frayer un chemin

Vue sur Longoni jolie bête Panorama sur Longoni

des haricots ? non de la vanille ! jolie balançoire

le collège et les ilots

fleur d'Ylang maman sur les chemins

d le soleil se couche sur les ilots Choizil

petite sieste sur mon matelas de sable

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Screen Shot 2017-05-16 at 9 Screen Shot 2017-05-16 at 9

 

Voilà, et pour finir, je vous laisse quelques unes de mes photos préférées de Mayotte : les fonds marins, les tortues, les dauphins, l'ilot Choizil, les couchers de soleil...

 

ilot de sable blanc

Choizil d'un coté 

Choizil de l'autre

la raie manta la raie manta

toute une vie là-dessous troupe de chirurgien à gorge blanche

IMG_9771 les coraux mahorais

N'Gouja tout simplement la plage d'Acoua

coucher de soleil coraux à marée basse

les balistes bleus, mes préférés coucher de soleil

au menu, tartare de carangue et salade de papaye/carotte le lac Dziani

les coraux mahorais une petite danse avec les dauphinsbébé tortue s'en va vivre sa vie

profil de tortue belle tortue accompagnée de son remora

magnifique baobab récit poignant sur Mayotte

Run on the beach !