Et voilà, après le Belledonne Gelon Trail qui m’a laissé quelques séquelles étant donné que j’étais malade, j’ai eu de bonnes courbatures et des pieds un peu amochés. Je ne me sens pas ultra prête pour le 47km qui arrive beaucoup trop vite. J’avais choisi de m’inscrire sur cette épreuve, dans l’optique de faire le Mahoraid qui devait être mi-mai et qui consiste en la traversée de Mayotte : 70km. Je voulais donc essayer de faire 47km en mars pour tester mes capacités, voir si j’étais capable de faire 70 ensuite ou non. Malheureusement, le Mahoraid a été reporté en aout, et je ne pourrai pas y participer à cette période là. C’est dommage, on tire un trait sur cette aventure, j’en trouverai bien d’autres pour me consoler. N’empêche que je reste inscrite sur le 47km du trail de Vulcain, qui arrive à grand pas. J’avoue que j’ai un peu douté, vu que mon plus long trail était le trail de la vallée du Brevon il y a deux ans, où j’ai mis plus de 7h pour faire 38km, et dans la souffrance. Mais c'est le challenge de ce début d'année : finir ce 45km. Pour bien me préparer, j'ai recopié et bien analysé le parcours pendant toute la semaine (faut bien que l'heure et demie quotidienne de bateau pour aller au boulot soit rentable !).

on apprend le parcours

Bref, on désactive le mode compétition dans le cerveau et on le met en position “le but c’est de finir !”. Il va donc falloir partir très doucement et gérer la course. Je me badigeonne et ponce les pieds pour qu’ils soient opérationnels pour dimanche, je ne cours qu’une fois dans la semaine pour ne pas être trop fatiguée et c’est parti.
En plus, c’est une des premières fois où mon copain m’accompagne sur une course, c’est cool de sa part et ça me motive. On part donc le samedi en début d’après-midi en direction de Riom, juste à coté de Volvic, où j’ai trouvé via AirBnB une chambre dans une maison tranquille. Le mec qui loue la chambre travaille ce soir donc on arrive et on investit les lieux. La maison est nickel, tout est bien rangé, ordonné, waouh, c’est sur que c’est différent de chez moi. On se pose devant la télé, je fais encore un peu de surcompensation avec mon COMPEX, on mange les raviolis de Sapori (comme d’hab, un petit rituel) et on se couche vers les 22h pour être en forme le lendemain.


Réveil à 6h avec un petit déjeuner "tartines et miel du cousin Thibaud", et on décolle pour Volvic. On arrive au gymnase, on retire le dossard avec le super bonnet rouge et le gobelet pliable Volvic. Monsieur se renseigne sur les volcans qu’il peut aller visiter pendant que je cours (Finalement il décide d'aller voir le vrai volcan de Volvic, celui qui apparait sur les bouteilles !). Je me prépare : quelles baskets mettre? Je suis plus à l’aise dans les SCOTT mais si le terrain est boueux, les INOV8 sont plus adaptées, je choisis donc les INOV8. En tenue, je mets mon collant habituel, mon tee-shirt decathlon habituel pour pouvoir le poinçonner d’épingles, des manchettes aux bras parce qu’il fait pas trop chaud et ils annoncent de la neige sur les volcans, mon sac COMPRESSPORT et mon coupe-vent La Sportiva. J’emporte aussi un tour de cou au cas où. Ensuite il faut se coiffer, torsade pour la mèche et natte africaine pour que ça soit bien tenu pendant les 5-6h de course à venir. Quelques passages aux toilettes et finalement il est déjà 8h15. On se rend sur le départ, un petit bisou et le speaker donne les instructions. Il annonce également les favoris, et surprise, je suis dans la liste ! Oh ça met encore la pression, je pensais pas qu’ils me connaissaient en Auvergne ! D’ailleurs on se demande comment ils choisissent les favoris, ils regardent quand même pas tous les inscrits? C’est un programme qui fait ça? Bref, je ne me considère pas du tout comme favorite sur ce type de distance que je ne gère pas du tout. Je vise seulement le top 10, et espère finir en moins de 6h.

préparation dans le complexe sportif le soleil un peu caché mais il ne pleut pas

Le départ est donné et c’est parti, tranquillement, il faut absolument que je sois encore en fraiche au premier ravito au 20ème kilomètre. Ca commence par une montée dans Volvic pour s’échapper ensuite sur des petits chemins forestiers. Globalement il y aura environ 75% du parcours dans de jolis chemins forestiers, avec des montées ou des descentes pas trop prononcées, c’est vraiment le top comme parcours, pas trop plat pour ne pas s'ennuyer mais avec des montées et des descentes moins difficiles et moins techniques que chez nous. Le profil est montant pendant 3km mais c’est une montée douce, il n’y a vraiment pas de quoi marcher. Vient un petit chemin descendant, toujours dans la forêt, puis ça remonte globalement jusqu’au 8ème kilomètre.

C'est parti ! les petits chemins comme Nata les aime

On m’annonce 5ème femme, et j’en aperçois 3 devant moi, donc ça m’étonne un peu. Je me pose des questions, est-ce que je ne suis pas encore partie trop vite? Maintenant c’est trop tard de toute façon, donc je continue, et j'ai vraiment l'impression d'y aller tranquille. Peu après, je croise une des filles de devant qui redescend à contre sens. J’ai à peine le temps de lui demander “ça va?” elle répond non et chacune continue son chemin. Je ne sais pas ce qui l’a poussé à abandonner, elle n’avait pas l’air de s’être blessée. Donc je me retrouve 4ème femme et rattrape facilement la 3ème que je double. Je garde la 2ème en ligne de mire et finis également par la recoller dans la montée. L’altitude monte tout doucement et la neige commence à faire son apparition dans le paysage, c’est tout joli. Pour l'instant, tout va bien, je me sens bien et je n'ai pas l'impression de me cramer. Je remonte même quelques mecs, croise un binome qui discute, j'entends "Mada" dans la discussion donc je m'inscruste et on papote un petit moment. Ils décident de marcher dans une petite montée donc je les abandonne et leur dis qu'ils me retrouveront dans les descentes. Je croise un autre mec qui se fait sa petite collation et mange ces TUCs, je lui souhaite bon appétit, on discute aussi un peu et on court un petit moment dans le même peloton. 
Un petit coup de cul vers le 13ème kilomètre donc je fais comme les autres, je marche dans cette montée, et on atteint le puy de La Coquille, tout enneigé, c’est super joli. En plus le chemin est un joli monotrace, un joli tapis blanc, les buissons et les arbres autour ont une fine couche de poudre blanche, bref magnifique ! Et pour l’instant je me sens bien, je profite de courir dans ces beaux paysages. On court un peu sur les cratères, le vent se lève et la neige aussi, mais on retourne ensuite dans les bois qui nous isolent un peu du froid et du vent. On approche du premier ravito, on croise une route et on croise aussi les coureurs qui arrivent dans l’autre sens : ce premier ravito est à Vulcania, un parc dans lequel on peut visiter le volcan de Lemptégy. Mon copain m’y attend, il me dit que la 2ème n’est pas loin (oui elle me sème dans les descentes), il me demande comment ça va, moi je me sens bien. Je prends le temps de faire le plein d’eau et de piquer quelques fruits, et je repars. On entre donc dans le parc à l’intérieur du volcan de Lemptégy, on fait une boucle d’environ 2km et on retrouve la partie où on voit les coureurs qui arrivent au ravito.

la neige fait son apparition 

Magnifiques volcans au puy de la Coquille

paysages enneigés sur le puy de Jume 

les majestueux volcans nous entourent

Coïncidence ou non, je me sentais en pleine forme avant le ravito, j’ai un petit coup de mou après. Ayant bien appris le parcours, je savais qu’entre le 20ème et 25ème, c’était plus ou moins plat. Donc je me calme et essaie de ne pas prendre mon "rythme plat" qui est trop rapide mais de me ménager et d’y aller tranquille, il reste encore plus de 20km. J’aperçois toujours la 2ème devant moi et c’est peut-être ça qui ne m’a pas trop aidé: si je ne l’avais pas vu, j’aurais peut-être eu un rythme plus lent et me serais moins fatiguée. On attaque la montée du km 25 au 27, doucement au début et bien pentue ensuite. Tout le monde marche, en gardant un rythme régulier, j'en profite pour prendre une petite boule énergie dans mon sac et la manger tranquillement. En haut, il n’y a pas vraiment de vue (il me semble), c’est assez boisé, mais les chemins sont très jolis, tout enneigés encore.

dans le volcan de Lemptégy 

sur la route du puy de Louchadière

Puis c’est parti pour la descente: au programme environ 10km de descentes entrecoupées de quelques portions montantes. J’appréhendais un peu cette descente mais au début, ça se passe bien. Pendant 1km ! Ensuite la cheville droite décide de se la jouer samouraï et part sur le coté. Aïe. On fait l’état des lieux, je continue à courir en boitillant et en faisant attention de ne pas la retordre, et au bout d’un ou deux kilomètres, la douleur s’en va, ouf, ça a juste un peu tourné mais rien de grave on dirait. J’aurai vraiment été déçue de devoir abandonner après avoir fait plus de la moitié du parcours. Mais en me concentrant sur ma cheville, j’ai du me crisper et mon méchant mal de ventre en a profité pour venir s’installer, doucement mais surement. On est au kilomètre 30, et c’est à partir de là que la course va se finir au mental. Il ne reste “plus” que 15km, j’en ai déjà fait 30, c’est pas ce mal de ventre récurrent qui va me faire craquer. De toute façon, il est inconcevable d’abandonner une course à cause de ce mal. On croise une route et mon copain est là ! ça me fait plaisir de le voir, je lui dis que la cheville ça va à peu près, mais que le ventre commence à être douleureux. Il court un peu avec moi quelques mètres, m’encourage et me dit qu’il me retrouve au ravito dans 5km. Je tiens bon, essaie de souffler, la descente s’arrête un peu pour faire place à de petites portions plates ou montantes, je revis. Puis redescente. Les gens qui nous encouragent disent “Allez, c’est plus que de la descente” en croyant que ça nous fait plaisir, mais moi j’aime pas les DESCENTES ! et la 4ème fille, celle que j’avais rattrapé facilement au début, me rattrape et me double facilement maintenant (pas folle la guêpe !).

sur les petits chemins auvergnois

Bonheur, malheur, le ravito arrive plus vite que prévu, on est au 34ème kilomètre. Je refais encore le plein d’eau mais ne mange rien, j’ai plus faim avec ce ventre, même si je sais qu’il faudrait que je me force à faire le plein, car il reste encore au minimum une heure de course. Je récupère mes deux énergie balls que j’ai faite (un mix de poudre de noix/noisette, pommes et bananes séchées, graine de sésame et de chia) au cas où j’arrive à les manger. ça descend encore et encore, dans la forêt, je suis de plus en plus mal. Au bout d’un moment, je réfléchis et conclus que même si j’ai mal au ventre, ça ne m’empêche pas de faire un pas devant l’autre. Alors à quoi ça sert d’y penser? C’est dans cet état d’esprit que les kilomètres s’enchainent, 35, 36, 37, 38. Et je sais que mentalement, quand le 40 sera passé, ça ira mieux. Ca annoncera la fin. Donc je prends mon mal en patience, ce n’est pas ultra agréable mais c’est comme ça. On alterne descente, plat et montée, je suis au ralenti et j’ai même des petits coups de faiblesse pendant lesquels je me sens vraiment fatiguée, j’aimerais dormir ! Je me force à prendre un petit gel MielTonic en espérant que ça me redonne un peu de peps. On passe sur un joli chemin qui ressemble un peu aux chemins de Digne je trouve, et on aperçoit le chateau de Tournoël. ça descend puis une dernière montée progressive nous mène au pied du chateau et c’est bientôt la fin. Beaucoup de gens marchent, je discute avec un mec et lui dit que de toute façon c’est dans la tête. ça le motive, il se remet à courir et par devant ! Je croise aussi monsieur TUC qui finalement était resté derrière moi. Il m'encourage, me préviens qu'on est bientot arrivé, il ne reste plus qu'une bonne descente pentue et c'est la fin. Arrive donc cette dernière descente bien pentue dans une boue pas trop désagréable et on rejoint une route en goudron, plus que 500m et on arrive au complexe sportif ! Enfin !

au pied du chateau de Tournoël

L’arrivée est à l’intérieur, et c’est fini, au bout de 45km et 5h30 de course ! Le speaker me dit qu’il m’attendait sur le podium, oui bah moi aussi ça m’aurait pas dérangé mais je suis déjà bien contente d’avoir réussi à finir, en moins de 6h, et à la 4ème place ! Je récupère, je suis vraiment fatiguée et le ventre me fait vraiment mal. Je rejoins mon copain, qui avec son humour particulier me dit “C’est nul 4ème” devant un couple de petits vieux tout offusqués de cette remarque ! Ca nous fait bien rire ! Place au repos maintenant, je récupère ma médaille et mon polo finisher. On se pose un peu sur les bancs, je récupère mes affaires à la voiture. Le vent se lève et souffle super fort maintenant, je plains ceux qui courent encore et qui l’ont de face. La pluie va même être au RDV pendant une petite demi-heure avant que le soleil décide de repercer les nuages. Je me prends une petite douche et passe voir l’ostéo pour la cheville et un kiné pour me masser un petit coup, c’est agréable. Même si je n’ai pas vraiment faim, je récupère le plateau repas et on partage le poulet/semoule, le saint nectaire et l’éclair au chocolat ! A 15h30 c’est la remise des prix, mais étant donné que les catégories senior et master 1 sont représentées par les 3 premières du scratch, ils ne récompensent pas ces catégories, donc pas de récompenses pour ma 4ème place, j’avais qu’à me bouger les fesses pour finir 3ème ! Avec tout ça, il est déjà presque 16h quand on repart pour Thonon.

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Au final, un week-end qui est passé encore super vite, mais je suis fière de moi d’avoir réussi ce challenge et passé la barrière des 40km ! Super contente aussi d'avoir découvert l'Auvergne, je connaissais pas, et même si les volcans sont moins vertigineux que nos montagnes des Alpes, c'est tout aussi joli et majestueux. Ca donne envie d'y retourner en été pour avoir la version "verte" des paysages.

Cependant, je vais pas en refaire trail aussi long de si tôt, c’était quand même vraiment dur. Je suis ensuite allé voir mon ostéo pour essayer de régler ce mal de ventre qui me gache beaucoup de fin de trail. A priori, mon estomac et mon diaphragme remontent beaucoup pendant que je cours et le fait que je dois être cripsée en descente augmente ce phénomène et les empèchent de redescendre. De respirer fort avec la cage thoracique n'arrange en rien, au contraire. Il m'apprend à respirer avec le ventre, à répéter ces exercices plusieurs fois, il me redescend ces organes trop haut. Il m'explique également que de faire des torsions du bustes permet également la descente des organes. de relacher les épaules aussi. Donc je vais essayer de penser à ces conseils pour la prochaine course et on verra si je peux éviter ce mal récurrent, ou du moins essayer de le faire passer. 

Pas de bol, dès le lundi une nouvelle douleur bizarre apparait au pied gauche, sur l'extérieur, en dessous de la malléole, dès que je pose le pied quand je marche. Bizarrement, aucune douleur quand je nage ou je pédale donc je sais comment je vais occuper mon week-end prochain, en espérant que cette douleur passe rapidement.

le fameux volcan de Volvic : le puy Pariou

 

lien Garmin : https://connect.garmin.com/modern/activity/1605579403 

Résultats : Trail_de_Vulcain_2017_45km

Description du parcours selon les organisateurs : https://www.trail-de-vulcain.fr/files/2016-12/fiche-marathon-et-ultra-2017.pdf

Joli reportage photo : http://www.peignee-verticale.com/2017/03/trail-vulcain-2017.html

parcours topographie