Ce week-end c’était la fameuse SaintéLyon. J’en avais entendu parler en lisant les articles de Sylvaine Cussot sur U-run, et ça semblait vraiment cool. Ce qui est bien c’est qu’elle est a une période où il n’y a pratiquement plus de courses, donc ni une ni deux, en septembre, en planifiant mon calendrier de trail, je retiens la date. Au départ, je voulais tenter la SaintExpress : 44km, puis en embrigadant Nata (qui finalement ne s’est pas inscrite comme à chaque fois que je lui redis pas 10 fois de le faire) et Christelle, je me dis que j’ai jamais couru dans la nuit à la frontale donc que la Saintésprint de 22km suffira.

Le départ est prévu pour 23h de Soucieu en Jarrest. On part de Thonon autour des 15h avec Christelle. On arrive à Lyon un peu avant 18h, on tourne un peu pour trouver une place pour se garer et on se rend compte que rien n'a été vraiment prévu pour les 17000 participants, donc toutes les places improvisées sont prises. Heureusement, il y a le parking Tony Garnier, il faut payer mais au moins c’est juste à coté de la Halle Tony Garnier, et il y a de la place. On va retirer nos dossards dans cette grande halle, enfin dossard ou plutôt chasuble, c’est marrant les chasubles, pas besoin d’épingles, mais finalement c’est moins pratique quand tu veux enlever une couche quand tu cours ! On a aussi en cadeau une paire de chaussettes BV sport spécial SaintéLyon, et un petit sac pour mettre nos déchets pendant les courses.

Cadeau d'inscription et petits achats MielTonic

On se balade dans le salon à travers les stands, tout le monde propose ses tracks pour les courses ou autres, je passe près du stand du Montreux Festival Trail (je tente ma chance pour avoir une inscription gratuite), du trail de Faverges, du trail nocturne des Rousses. On passe devant le stand Mieltonic que j’aime bien, je discute avec eux et leur achète des petites flasques pour pouvoir mettre des purées ou gels maison. Christelle passe voir le stand de Captur, elle en a eu un pour son anniversaire: c’est une balise permettant aux autres de te localiser (assez pratique pour elle quand elle vole en parapente, ou quand elle fait des randos pour que son chéri sache où elle est si jamais elle se plante dans un arbre !). On regarde le stand INOV8, Craft et les chaussettes étanches, puis on retourne à la voiture pour se changer et chercher nos affaires. On se réinstalle dans la Hall pour manger sur les gradins, devant l’écran géant qui fait tourner en boucle les 5 mêmes publicités ! Je mange, je mange, je mange, j’ai la dalle aujourd’hui, c’est pas bon signe ! On hésite même à se prendre une gaufre mais ils ont coupé l’appareil à gaufre quand on demande. Et autour des 21h, on se dirige doucement vers les bus permettant d’aller à Soucieu. C’est peut-être un peu glauque mais tout ces bus et tous ces gens regroupés aux mêmes endroits, ça me fait un peu l’effet déportation dans les camps nazis. Mais bon on monte dans le bus comme tous les autres, et on discute pendant la traversée. Mais toutes les deux, on a un peu un coup de barre quand même. Etant donné que je me couche tous les jours autour des 22h, j’ai le petit coup de mou qui arrive, malgré la petite sieste en début d'après-midi. Faut dire qu'en ce moment avec le travail, je suis assez claquée.

La SaintéLyon

On arrive à Soucieu vers 22h, on rentre dans le gymnase qui est déjà rempli à bloc, on se met en tenue et on tente une sortie pour pouvoir poser les sacs dans le bus qui nous les ramènera à Lyon. Un dernier petit pipi et on trottine vers l’arche de départ. On y est environ 20min avant, mais on ne voulait pas être trop derrière. N’empêche que pleins de gens se font pas chier et nous double pour se placer plus devant, ça m’énerve un peu, et ça énerve aussi d’autres filles autour de nous. On discute un peu, on écoute la musique, on fait un dernier test des frontales, une petite photo selfie, et les 23h arrivent. Le compte à rebours est donné, et c’est parti. On est quand même pas tout devant, alors j’essaie de doubler une bonne masse de gens pour être un peu plus tranquille. On fait un petit tour dans le village, on repasse devant le gymnase et on se retrouve ensuite sur des petits chemins, alternant entre routes et chemins très roulants, beaucoup trop roulants même. Au bout de quelques kilomètres, je me dis que je me fais un peu chier quand même. En plus c’est vrai que la nuit c’est sympa, mais il y a pas beaucoup de paysages à admirer, à part les bandes fluos des coureurs devant moi ! J’allume pas la frontale dès le début, vu qu’on voit où on va, je vois pas l’intérêt, je l’allume quand on commence à entrer sur les chemins, mais je me rends compte qu’avec le froid, c’est super désagréable de voir le petit nuage de fumée que tu expires !
J’accélère au fil des kilomètres: 4’40, 4’15, 4’… Je me sens pas trop mal au niveau des jambes mais j’ai vite chaud et surtout, je me sens compresser au niveau du thorax. C’est la première fois que ça me fait cette sensation, je ne sais pas à quoi c’est dû, ça peut-être tellement de choses: le nouveau sac INOV-8 Ultra 10 que j’ai testé le week-end dernier mais peut-être pas en condition course, le fait que j’ai beaucoup (trop) manger pendant la journée, le fait qu’il soit 23h, ou une combinaison de tout ça ! Bref, je me dis que ça va passer, en tout cas, j’espère, et je profite de la première montée (au 7ème kilomètre) pour enlever une couche, en me disant que je serai moins serrée. Mais non pas vraiment, ça empire même un peu en se transformant en douleur plutôt qu’en sensation. Peut-être que je suis partie trop vite aussi, mais j’arrivais pas à me faire ralentir.

en mode Ninja !

dans une ambiance tamisée

Le point positif des courses dans la nuit, c’est que tu peux te poser sur le bas coté, éteindre ta frontale et faire ton petit pipi ou plus si nécessaire. J’essaie donc de faire une pause mais non c’est pas ça. Je continue, toujours à bonne allure mais j’ai un mauvais pressentiment. J’arrive au ravito de Chaponost, à environ la moitié du parcours, et on m’annonce 2ème femme. Oups. Partie trop vite oui ! Bah tant pis, on va essayer de gérer cette course comme on peut, je retente une petite pause toilette autour du 12ème kilomètres et repars mais non ça veut pas passer. Toujours mal au ventre, de plus en plus même. Donc à partir du 14ème, je laisse tomber. Je mets sur OFF le mode compétition dans le cerveau. Je me fais doubler par une fille, je l’encourage, puis par une autre, et je ne compterais plus les autres. Je finirai dans une allure plus lente que mes footings hebdomadaires, en regardant les pancartes annonçant les kilomètres restants, en essayant d’enlever le sac du dos, de le prendre dans la main, de ralentir, de bien souffler. J’ai même les yeux qui fatiguent et je me dis que je dormirais bien un petit coup ! Au bout d’un moment, on rattrape beaucoup de concurrents du 12km, il bloque un peu la route, ça doit pas être très pratique pour ceux qui jouent la gagne. On monte une dernière montée, que je fais en marchant forcément, et une dernière descente en passant dans un accrobranche. On arrive dans Lyon, on descend des marches d’escaliers et on se rapproche du beau bâtiment de l’aquarium de la Confidence, j’avoue c’est sympa les lumières sur Lyon en arrivant. On passe sur le pont et on arrive (enfin!) dans la Halle Tony Garnier pour franchir la ligne d’arrivée en 1h48min. Finalement je finis 10ème femme, c’est pas si mal quand on sait que j’ai fais les 7 derniers kilomètres vraiment très doucement ! Je râle un peu d’avoir subi toute la course, de ne pas m’être fait du tout plaisir, mais je relativise, au moins, je ne me suis pas blessée. Je récupère mon tee-shirt finisher (taille S mais un peu petit…), et Christelle arrive, comme moi, elle a eu mal au ventre pendant la course. On mange 2-3 chips au ravito et on récupère nos sacs pour aller prendre une douche… dehors ! Ils ont monté un genre de marabout avec des bancs et un espace douche. Direct, je dis qu’ils abusent, c’est pas chauffé, on se pèle là-dedans ! Mais finalement, les douches sont bien chaudes donc dans le coin douche, c’est assez agréable, ça fait un petit effet sauna, et bon il faut juste pas trainer pour se sécher et se rhabiller. On retourne dans la Hall, on va chercher notre plateau repas : des nouilles instantanées (pas tip top…) avec du pain et du camembert :-D et des clémentines, le tout accompagné d’une petite bière (bof bof). On mange tranquille sur les tables prévues pour et on repart sans trop tarder car mine de rien, il est déjà 2h du mat’ et on doit rentrer à Thonon. Heureusement qu’on est deux, on papote tout le long du chemin du retour pour éviter de s’endormir au volant, et je me blottis dans mon lit à 4h30 du matin après une folle nuit ! (ça fait très longtemps que je ne me suis pas couché aussi tard !).

 

des papillotes ?? Non des camemberts ! Repas post-effort

A table !

Au final, le ressenti après cette course est assez mitigé. Certes c'est un grand évènement, il y a énormément de monde et l'organisation est au top, ils ont vraiment tout prévu, de A à Z. Mais ça ne restera surement pas une de mes courses coup de coeur. Je pense que je ne suis pas faite pour ces grandes courses qui rassemblent des milliers de gens, je préfère les petits trails conviviaux où tu gagnes un reblochon à la fin. Je préfère courir le jour pour admirer les paysages. Je préfère quand le parcours est plus valonné.. Et je préfère quand j'ai pas (ou moins) mal au ventre !

Toujours est-il que c’est une expérience sympa à vivre au moins une fois mais je ne suis pas sure d'y participer chaque année !
Dernier petit point négatif, les photos de la course sont sorties, et on peut se les offrir pour la modique somme de… 40€ le pack de photos. Donc si vous avez de la chance (comme Christelle) d'avoir une dizaine de photos, vous pouvez à la rigueur craqué 40€ pour des photos souvenirs, mais pour ma part, je n'ai que 4 photos disponibles et en plus on peut même pas les voir en grand format, donc tu peux même pas voir si t’as une tête sympa et si ça peut peut-être valoir la peine de se les offrir…

 Lien Garmin: https://connect.garmin.com/modern/activity/1470811876

(on voit bien la chute de la fréquence cardiaque, de la cadence et du temps de contact au sol à partir de la moitié du parcours)

joli tee-shirt finisher