Dernière course de prévue avant de s’exiler pendant 3 semaines dans l’océan indien, pour dire bonjour à papa/maman, (re)découvrir les fonds marins de Mayotte, et explorer le cirque de Mafate à la Réunion. Généralement je regarde pas trop les courses coté Suisse, elles sont souvent plus chères et assez loin. Mais là, je suis tombée sur cet Humani’trail aux Diablerets (station de ski du canton de Vaud, 20km au dessus de la ville d'Aigle), et finalement les Diablerets, c'est pas si loin (1h30 maxi), et leur site internet m'a vraiment donné envie d'aller gambader par là-bas.

La course est encore un samedi matin, ce qui est bien et pas bien à la fois. Bien car tu as le dimanche pour te poser avant de rattaquer le boulot le lundi. Moins bien car tu es fatiguée de ta semaine de boulot. Le point positif c'est que le départ est prévu à 10h, ce qui est relativement tard, et ça permet de ne pas se lever trop tôt. Je bloque le réveil à 6h20 (grasse matinée quand la semaine tu te lèves à 5h50!), et après un petit déj, je décolle vers 7h de Thonon. Je pars direction Aigle, puis je monte dans les montagnes, à travers les vignes, et les nombreux feux alternatifs pour cause de travaux, mais par chance ce matin il n'y a personne donc ça roule bien, mais ça sera pas la même pour le retour...

J'arrive là-bas avec pas mal de marge, vers 8h30, mais au moins j'ai le temps de me préparer tranquillement. Je vais dans la maison des congrès pour retirer le dossard, n°2122, accompagné d'un super bonnet ;-). Mais l'organisation nous avait prévenu, étant donné que 100% des revenus de la course sont reversés à une ONG suisse (NepalKo Sathi) pour les enfants au Népal, le cadeau d'inscription ne sera pas un gros lot (mais c'est déja bien un bonnet ;-) ). Il y a des affiches accrochées dans la pièce qui décrivent les actions de l'ONG, le projet cette année étant de reconstruire une école et un monastère dans le village de Saisima qui s'est effondré pendant le tremblement de terre. Ce village est situé à 4 jours de marche d'un axe routier et n'a pas été encore reconstruit.

Courir pour la bonne cause - Nepalko Sathi Un bisou et Zou !


Je me pose un peu dans la voiture, regarde le parcours du jour et vais me coiffer dans les vestiaires. Je me fais une jolie natte épi qui va être défaite dès le premier kilomètre et je finirai avec mon chignon habituel ! Il y a plein de filles qui discutent, l'ambiance est sympa, et même si aucune ne l'exprime, dans les regards, on voit qu'on est toute en train de se jauger, d'essayer de deviner si celle avec la jolie natte est forte ou pas, de se demander qui sera devant qui ! C'est une ambiance que j'aime bien, ambiance agréable, mais on ressent quand même le petit esprit de compétition qui flotte dans l'air. Vers 9h30 je commence à m'échauffer un peu, je m'étire les mollets, trottine tout doucement dans le village et vers 10h, je me rapproche du départ. Je discute un peu avec le mec qui tient le stand des barres énergétiques PaleoCrunch, puis avec un traileur de Chamonix, et on entre dans le sas de départ. Un point marrant ici: d'habitude on entre dans la file par la fin et tout le monde se tire la bourre pour se placer tout devant, mais là l'entrée se fait par le devant et personne n'ose se placer sur la première ligne. Je me mets dans la 3 ou 4ème ligne, histoire de pouvoir partir quand même assez rapidement car le parcours commence ainsi : 3km de plat avant d'attaquer la première grosse montée de 3km-700mD+. Donc si tu es bloquée derrière des gens pendant cette première montée, tu perds pas mal de temps. Je regarde les filles aux alentours, elles ont toutes l'air forte ! Et il y a en une qui a vraiment l'air forte : pas de manchons, pas de sac Salomon, non, elle a pas du tout la panoplie, d'ailleurs elle a ni sac, ni porte-gourdes, elle part sans rien. Mais rien qu’à son attitude, on voit qu’elle est forte. Pourtant elle paie pas de mine, pas plus grande que moi, un gabarit normal, mais je sais pas, elle émet une aura de sérénité et de puissance. Et à mon avis, les gens qui partent sans rien sur un 27km sont soit un peu fou sort très fort. Et elle a pas l'air d'être folle ! Mais bon on verra bien, j'ai regardé un peu les résultats des années passées et généralement le podium se joue en environ 3h30. Et d'après ma dernière course : le trail du Semnoz que j'ai fais avec Nata, qui a un peu le même parcours avec un peu moins de dénivelé, je me dis que les 3h30 sont jouables donc je vais viser ce temps, et pour la place, on verra bien ! Le but principal encore une fois aujourd'hui, c'est de prendre du plaisir à en chier, et surtout, ne pas se blesser pour ne pas compromettre la rando à la Réunion !


joli dossard et petit bonnetprofil du parcours

 

Le compte à rebours est lancé, le speaker est chaud bouillant, et le départ est donné ! Du plat pour le premier kilomètre, assez rapide (en 4'15’’), et la fille sans-rien me double à tout allure ! J'en repère au moins 2 devant moi. Les deux kilomètres qui suivent sont un peu plus vallonnés donc on calme un peu le jeu (2ème en 5'08''). On passe devant des lamas (on croisera pas de yak aujourd'hui...!) et on quitte les chemins carrossables pour le début de la grosse montée de la course. Ca monte pas mal pendant 4km avec des portions bien pentues et des portions presque plates de temps en temps pour récupérer. On monte dans les prés au début puis on s'infiltre dans un sous bois ensuite, pour finir au milieu d'herbes qui arrivent à mi-hauteur, avec un peu de boue au sol, juste ce qu'il faut pour que ma cheville ne soit pas trop traumatisée ! Et je me fais quand même doubler par une fille pendant la montée, tant pis ! Au final, on monte de 800m en 4km, de 1130 à 1930m. Et j'arrive au ravito de Meilleret (6km) après un peu plus d'une heure de course.

 ça monte, ça monte et ça pique les cuissots !

la vue sur la Para, et les diablerets dans la vallée au Meilleret, un petit air de Népal 

Le chemin est plat et longe une crête, il y a une superbe vue derrière sur les montagnes qui dominent les Diablerets (La Para) et sur le coté sur le massif des Diablerets, avec un peu de neige dessus. C'est beau, mais le terrain est pas vraiment facile, il y a un peu des trous partout donc il faut faire attention à où tu mets les pieds, gare aux chevilles ! Puis le parcours redescend pendant 5km environ, avec des portions techniques parfois dans lesquelles je vais vraiment tranquille pour ne pas me blesser, et d'autres portions plus roulantes où je déroule les jambes et rattrape peu à peu la fille qui m'a doublée. On passe au bord d'un joli lac : le lac des Chavonnes, puis le chemin recommence un peu à monter. Je double la fille et on se remet à marcher pour la montée. Je chope dans mon sac ma petite barre abricot-miel et la mange pendant la montée.

Sur la crête Vue plongeante sur la vallée au lac des chavonnes

Au début ça va, ça monte mais j'ai pas trop mal, j'arrive à manger ma barre tout en respirant et en avançant. Je double même 2-3 mecs. Mais au bout d'un moment ça devient dur. En plus, une autre fille déboule et me double, comme si de rien n'était, comme si elle, elle avait pas du tout de mal à monter, un vrai cabri, et je la vois s'éloigner ! Et elle fait assez peur cette montée car dès le début, tu vois au loin là où tu vas aller et tu vois les petits points des gens là-haut sur la crête. Donc quand tu montes et que tu vois ça, tu sais que c'est pas encore fini ! On surplombe un autre lac (lac et col de Bretaye), avec la vue sur les Diablerets sur la gauche, et la vue sur Leysin, Aigle et la vallée du Rhone sur la droite, c'est vraiment beau. Un petit passage de descente et ça remonte, encore plus pentu ! Je mets les mains au sol pour m'aider, je pousse sur les cuisses et on arrive enfin en haut, au Chamossaire, à plus de 2000m d'altitude, après 2h05 d'effort (montée de 350m D+ en 2,5km).

La crête menant au Chamossaire

Vue sur la vallée La Para au loin

 col et lac de Bretaye

Vue sur Leysin et Aigle 

On se fait bipper en haut de la côte et on peut maintenant attaquer la descente dans l'herbe d'une piste de ski je suppose, c'est pas vraiment technique mais quand même bien pentue, et comme je suis vraiment fatiguée par la montée, je descends encore tout doucement, sur la retenue (je sais c'est pas bien de se retenir en descente, il faut vraiment que je travaille mes descentes...). Et je rejoins le 2ème ravitaillement du 14ème kilomètre (au roc d'Orsay), à environ 1800m d'altitude, mais je ne m'arrête pas. Le chemin est une piste en gravillon et relativement plat donc j'en profite pour essayer de relancer mais au bout d'un kilomètre, je sens que je ne suis plus vraiment en forme. Je rattrappe quand même quelques personnes mais je n’arrive pas à tenir le rythme que j'aimerais avoir. Le chemin est relativement plat avec des petites montées ou petites descentes par ci par là. Je mange une petite pate de fruit à la banane en espérant que ça me redonne des forces. On a une dernière montée près du 18ème kilomètre qui nous fait remonter à 1900m, puis on rejoint le parcours du 15km, pour descendre jusqu'à l'arrivée. Ceux du 15km sont tous frais eux, et ils avancent plus vite que moi ! Je me fais donc doubler par des mecs de temps en temps, mais j'essaie d'assurer, le chemin est un peu galère, il y a des genres de gros trous qui forment des marches plates donc on peut pas courir sans regarder où mettre les pieds, puis on rattaque ensuite une nouvelle descente. Et là ça commence à être dur.

En descendant du chamossaire

Retour aux Diablerets Retour aux Diablerets

J'aime pas les descentes : je me chope un gros point de coté qui m'oblige vraiment à freiner et à ne pas vraiment profiter de la fin du parcours. Je ralentis vraiment le rythme dans cette descente, jusqu'au 24ème kilomètre (autour des 7-8'/km) puis le chemin redevient relativement plat, on traverse une plaine et on passe par dessus une petite rivière pour entrer dans une petite forêt, c'est super sympa, mais j'ai plus de jus. J'essaie de garder quand même un rythme constant, mais c'est dur. On longe ensuite une rivière, et on la traverse sur une jolie passerelle, et on rejoint le parcours santé, je le reconnais, c'est les mêmes pancartes que celui de Lausanne, et le même sol, des genres de petits copeaux, bien agréables pour courir, pas besoin de regarder où tu mets les pieds. J'apprécie ces derniers kilomètres le long du parcours santé et je sens que l'arrivée est pas loin. Manque de pot, il n'y a pas besoin de regarder où on met les pieds, mais il ne faut pas pour autant oublier de les lever : Je trébuche et me ramasse par terre ! Rien de grave, je me remets direct sur pied, et merci au passage au mec qui m'a doublé et qui s'est inquiété pour moi ;-). Mais en me relevant, je vois qu'une fille est juste derrière moi, je jette un coup d'oeil et vois que son dossard est bleu, comme le mien et donc qu'elle fait aussi le 27km ! Mince, j'ai pas vraiment envie de me faire doubler, même si ça changerait pas grand chose, apparement je suis 4ème, donc 4ème ou 5ème, c'est pas très important. L'arrivée est là, donc j'essaie d'augmenter un peu le rythme juste pour lui montrer que j'ai pas envie qu'elle me double, et on franchit la ligne d'arrivée. Elle ne m'a pas doublé finalement, je sais pas si c'est parce qu'elle pouvait pas, ou juste par respect vu que j'étais devant elle pendant toute la course. Au final, je franchis la ligne en 46ème position, 4ème femme (mais la première me met quand même 40min...) et 3ème senior, après 3h35min de course (5' de trop que ce que je voulais, mais j'ai vraiment craqué à partir du 20ème kilomètre).

petit passage forestier bien sympathique dans la plaine

La passerelle, ça sent l'arrivée, ouf ! Rivella, c'est la Suiiissse !

Je vais au ravito et mange ! Je dégomme au moins 8 morceaux d'orange, ça fait du bien, des bonnes oranges bien fraiches hum ! Je prends un petit verre de rivella (Bah oui on est en Suisse !) et quelques barres énérgétiques PaléoCrunch et je me pose dans l'herbe, je suis vraiment fatiguée. Je suis assise juste à coté du stand pour faire sa photo souvenir, donc après un petit quart d'heure de récup’, je vais faire ma photo souvenir et retourne ensuite à la voiture pour chercher mes affaires pour la douche. Je descends aux vestiaires et prends une bonne douche bien chaude, hum ça fait du bien ! Et je monte dans la salle au dessus pour faire la queue pour un massage ! En attendant, je discute avec les gens autour, le mec d'à coté était allé au Mont-Blanc deux jours avant avec un mec atteint de mucovisidose, on discute, l'ambiance est bonne. A 15h, c'est mon tour pour le massage ! Il attaque les quadris, les masse, aie aie aie, c'est bien tendu, il passe ensuite sur les mollets et les ischios. On discute un peu, c'est un masseur sportif et il va aussi avoir un diplome de coach mental (eh oui le mental dans la compèt, ça change tout !). Il pratique le cross-triathlon, c'est pareil que le triathlon mais avec du vtt à la place du vélo et du trail à la place de la course, ça doit être top, j'essayerais bien un jour !

Après plus de 20 minutes de massage je ressors, tout endormi et vais à la remise des récompenses, je suis 3ème sénior femme (ils ont fait le cumul des récompenses: la première au scratch est aussi la première senior),et je gagne du vin (encore de la piquette apparement) et du fromage ! D'ailleurs la fille qui avait l'air forte l'a été, elle est arrivée 2ème et c'est en fait la championne du monde de ski de fond des moins de 23 ans, Nathalie Von Siebenthal (rien que ça...).

Je repars donc vers 16h des Diablerets, je commence à partir et vois un groupe de 3 jeunes qui font du stop. Je décide de les prendre, je reconnais le petit blond qui était pas très loin de moi pendant la course. Ils ont décidé de faire du stop pour redescendre à Aigle parce que le train met trop longtemps (s'ils avaient su, ils auraient pris le train!). On descend la route pour Aigle, mais les feux alternatifs nous ralentissent, beaucoup. Un bon gros bouchon sur le dernier feu nous fait attendre plus d'une heure dans les bouchons. En attendant, on papote, on fait connaissance, on pique du raisin dans les vignes ! et après 1h30 environ, je les pose à Aigle et rentre à Thonon à 19h15.

Au final, une bonne journée bien remplie (partie à 7h, retour à 19h) avec une jolie course dans de beaux paysages, une très bonne ambiance et une organisation au top ! Rien de mieux avant de se la couler douce pendant 3 semaines au soleil ;-)

Lien Garmin : https://connect.garmin.com/modern/activity/1376534822

 

PS: Petit retour en arrière, il y a un an, on était en train de découvrir Madagascar grâce au Trail de l'Ile Rouge. Je vous invite à (re)découvrir cette belle aventure à travers mes articles.