Réveil à 6h30 pour continuer sur un bon rythme. On prend le petit déjeuner sur la terrasse avec la vue sur le plateau, c'est beau ! Au menu, céréales, bananes séchées, ananas et tartine. On retourne dans notre petit chalet pour préparer les sacs (il faut prévoir des habits pour le soir, pas trop lourd car ce sont des porteurs qui vont les porter sur 2km, mais ne pas oublier l'essentiel pour ne pas avoir froid !). On se regroupe et le départ est donné à 8h sous la fameuse tirade de Gérard : "Vendredi 25 septembre, deuxième étape du trail de l'ile rouge !"

vue pendant le petit dejeuner départ imminent

Au départ, je voulais courir avec Nata et on a finalement décidé de courir séparément pour ne pas me frustrer si elle va moins vite, et pour ne pas la fatiguer si elle va trop vite. Et c'est vrai que finalement on a pas le même mode de course, elle est plus endurante que moi je pense, mais je suis plus rapide. 

Bref, les 15 premiers kilomètres se font sur une piste valonnée (350m D+/225D-) en passant par quelques petits villages et en surplombant des rizières, et nous emmène au village d' Antoetra. Je les fais en compagnie de Thierry et Damien.

15km de piste, ca use ca use... en surplombant les rizières

dernière ligne droite jusqu'à Antoetra Antoetra 

Un peu avant d'arriver dans le village, on croise des enfants qui se mettent à courir à coté de nous. Ils se marrent, encore, ça nous fait rire aussi, on les prend en photo, on prend la pose avec eux. Je fais une petite pause au ravito, mange quelques fruits secs. (Petite pensée à Nata qui, aux ravitos, dégommait les petits beignets malgaches avec du miel, genre de blini artisanal !) 

enfants avec leur sourire malin habitants

une belle brochette Antoetra

Merci pour ces ravitos !

Thierry et Damien m'ont abandonné après le ravito, mais au bout de quelques minutes, je vois un petit garçon qui courait avec moi avant le village, qui me suit. Je me dis que c'est juste pour le fun, qu'il va me suivre pendant quelques minutes et après décrocher. En plus ça descend un peu, j'en profite pour allonger un peu les foulées, le terrain est un peu plus sympa que la piste, c'est une mini forêt au début dans la descente, puis un genre de vallée (je suis pas très douée pour les descriptions, mais les images sont bien claires dans ma tête). Les montées et descentes s'enchainent, se suivent mais ne se ressemblent pas, et ne sont pas non plus des interminables portions, donc c'est très agréable à courir (et marcher !). Et le petit garçon, d'une dizaine d'années, me suit toujours, chaussé de claquettes trop grandes pour lui, avec son sac dans lequel il porte ses sculptures en bois, et forcément, sans eau ni nourriture. Il est tout timide mais je comprends qu'il va à Sakaïvo, là où l'étape prend fin, il m'a donc suivi pendant 12km à mon rythme (je dis pas que je suis rapide...!), sans boire, et je lui ai quand même donné une de mes pates de fruit. 

paysage du pays Zafimaniry il court il court le petit garçon paysage du pays Zafimaniry dégradé de vert 

Le paysage est super beau pendant cette partie, avec la vue sur les montagnes et les rizières, c'est magnifique et sauvage. Je croise le groupe de marcheurs, qui ont commencés l'étape à Antoetra pour éviter les 15km de piste, et pour profiter des beaux paysages du pays Zafimaniry. A la fin de l'étape, on descend une dernière descente pour remonter dans le village de Sakaïvo, village classé au patrimoine de l'UNESCO, avec ses belles maisons en bois gravées. 

vue sur Sakaïvo  maman qui prend la pause

Nata, tout sourire

Dernier petit coup de cul, avec un escalier improvisé pour atteindre l'arrivée de la deuxième étape, après 27km et 3h10 de course, et 5ème au scratch (c'est là que c'est ahurissant, je viens de me rendre compte qu'on a couru que 3h mais j'ai l'impression qu'il s'est passé tout une journée car j'ai énormément de souvenirs de cette étape, mais tout ça ne s'est déroulé qu'en 3 petites heures). Je me pose, assise par terre, Thierry le doc me prête son pull car nos affaires ne sont pas encore arrivés, et il ne fait pas très chaud ! Nata arrive ensuite en 3h32, deuxième femme, et 7ème au scrath. Bravo Nata ! Sandra prend la 3ème place en 3h40. Chez les garçons, Gaston toujours en tête finit l'étape en 2h50, suivi par Greg en 2h54 et Thierry en 2h58. Damien garde pour l'instant sa 4ème position en 3h05. Et maman arrive, accompagnée par André et Agnès en 4h43. Chang se bat pour garder sa dernière place et accompagne Pauline, en 5h10min.

Nos affaires sont arrivées, on prend notre douche à l'africaine et mangeons une salade de pâtes aux sardines (très bonne), avec une portion de riz instantané. Petit repos dehors, et petite séance massage avec Patty l'infirmière, ça fait du bien ! 

 moi et mon petit champion arrivée de Maman, Agnès et AndréArrivée de Nata Les champions du jour

L'après-midi, vers 15h30, c'est visite du village au programme. Un guide local nous regroupe au centre du village et nous explique l'histoire du pays Zafimaniry. "Avant, à cet endroit là s'étendait une grande forêt, et les gens vivaient de la chasse (au sanglier) pour se nourrir. Ensuite, ils se sont mis à cultiver le maïs et les haricots, et pour ça, ils ont brulé la forêt pour avoir plus de places pour les plantations. Le problème avec les terres d'ici, c'est qu'après 2-3 cultures, la terre n'est plus fertile, plus rien ne pousse". "Au même moment, le roi de Madagascar avait 12 femmes. Et il y avait 12 collines autour d'Antananarivo (coincidence, je ne crois pas ;-) ). Il décidait d'installer chacune de ses femmes sur chacune des collines, et il demandait à un de ses beaux-frères de contruire un palais pour chacune d'entre elles. Mais le beau-frère, il avait un peu la flemme de construire 12 palais ! Alors quand il est venu dans le pays Zafimaniry pour chercher de la main d'oeuvre, il a trouvé le coin sympa et leur a donc proposé un deal : soit vous venez avec moi pour construire laborieusement ces 12 palais, soit je reste ici et vous me nommez chef. C'est comme ça qu'il est devenu chef du pays Zafimaniry. (D'ailleurs il y a une signification, je crois que son nom c'était zafimaniry ou un truc dans le genre, je me rappelle plus, mais il y avait une histoire avec les noms des gens). Ce chef aimait beaucoup tailler le bois et il le faisait vraiment très bien. Sa petite fille voulait faire comme lui, tailler le bois, mais le chef a préféré passer le flambeau à son fils. Alors la petite fille est partie dans la tribue voisine, mais finalement elle s'est fait tuée pendant une guerre entre tribu. Le chef était triste, et pour calmer les tensions et les guerres, il a accueilli toutes les tribus chez lui. (C'est pour ça qu'il y a deux types de chapeaux, en fonction des tribus)."

visite du village Sakaïvo 

Les maisons sont typiques du pays. Elles sont toutes orientées Nord-Sud parce qu'ils craignent le vent d'Est. C'est ce vent qui à poussé les indonésiens à Madagascar. La porte d'entrée est toujours située à L'Ouest. Pratiquement chaque partie de la maison est gravée et chaque gravure à une signification particulière. Au niveau de l'organisation de la maison, le coin nord-est est réservé pour la prière aux ancêtres, et c'est les parents qui y dorment. Le coin nord-ouest est le coin pour stocker les nattes (il en faut beaucoup pour accueillir les invités, quand il y en a), le coin sud-ouest, c'est le coin des poulets parce qu'ils sont dehors toute la journée, mais qu'ils rentrent dormir dans la maison et le coin sud-est c'est le coin de l'eau. Le feu est au milieu de la maison car il représente le foyer, avec les 3 pierres : le père, la mère et les enfants, tous reliés entre eux pour protéger le feu qui représente la vie. Dans la maison, ce sont les filles qui s'occupent de l'eau, et les garçons du bois pour le feu. Les femmes s'occupent de la culture des terres et les hommes doivent assurer les revenus de la famille.

maison Zafimaniry Sakaïvo

Dans le village, il y a aussi la place du village, les greniers qui sont des maisons montés sur pilotis pour stocker les récoltes avec un système qui fait en sorte que les rats ne peuvent pas y monter. Ici les hommes sont monogames et les filles se marient vers l'age de 13 ans, avec qui elles veulent. Quand elles se marient, elles vont habiter chez l'homme et quand un homme se marie, il doit construire sa maison. 

belle maison en bois grenier pour stocker les céréales

Après la visite, on est allé acheter des souvenirs en bois aux petits jeunes du village, mais malheureusement, on avait pas compris qu'on pourrait acheter des trucs vraiment artisanaux et on avait pas emmener assez d'argent pour acheter tout ce qu'on voulait. J'achète quand même un petit caméléon-salière en bois de rose (oui il faut pas acheter le bois de rose en fait...), et un dessous de plat. Nata achète aussi un dessous de plat et un coupe papier stylé pour Ismaël.

Souvenirs en bois

A 18h, des jeunes du village viennent nous faire une démonstration de danses et de chants pour récolter un peu d'argent. Puis un autre groupe de jeunes un peu plus grands ont fait de la musique. Ensuite, Freddy (le chef?) nous offre un rhum arrangé local miel-gingembre (pas vraiment senti le miel ni le gingembre, mais il était vraiment fort !) accompagné de larves d'anneton grillées ! Je goute pour ne pas mourir idiote, et finalement ça ressemble beaucoup à de la petite friture, avec un arrière goût pas forcément agréable sur la fin. Il fait assez froid dehors et il commence à pleuvoir, alors on rentre ensuite pour prendre le repas : un potage patate-carotte, du riz avec du poulet et de l'ananas et de l'orange en dessert. Ensuite, on va se coucher dans notre maison Zafimaniry (on met le matelas de Nata dans notre chambre car elle a pas trop envie de dormir toute seule, et je partage le lit avec maman). En plus, on a nos toilettes persos, quelques escaliers plus bas, dehors, la classe ! On s'endort vers les 21h, bien fatiguées après cette journée remplie de bons moments.

Marie-Do et Arlette devant nos douches de fortune Apéro ! larves d'anneton

Danse

parcours topo